Les CAHIERS de CHIRURGIE, Histoire, rôle, situation juridique

L'histoire des CAHIERS de CHIRURGIE est parallèle à celle de la spécialité et de ses modalités d'exercice.

Parvenue à un très haut niveau de technicité et de progrès, la chirurgie a subi au fil des années un déclin accéléré dans l'échelle des valeurs sociales.

Les premiers symptômes de son déclin sont apparus dans les années qui ont suivi les réformes de 1960 pour la médecine de ville et la généralisation du plein- temps hospitalier (Réforme DEBRE destinée à l'origine à supprimer la dualité Hôpital-Faculté). C'est la raison pour laquelle, devant la carence du seul Syndicat de chirurgiens existant alors affilié à la CSMF, fut créé, à l'initiative de Maurice LUZUY (Blois) et de certains membres parisiens et lyonnais de l'Académie de Chirurgie, le Collège National des Chirurgiens Français dont les statuts furent déposés à Paris le 27 novembre 1970 sous le numéro 15.000.

Le Collège des chirurgiens puis celui des stomatologistes et chirurgiens maxillo-faciaux créé dans la foulée sur le modèle du précédent, avaient tenté de se rapprocher de la FMF qui venait d'être reconnue représentative depuis 1967 . La CSMF ayant refusé pour des raisons obscures, aux deux Collèges, le principe de la double appartenance avec ventilation des cotisations, modalités qu'elle avait pourtant accordée à d'autres syndicats verticaux de spécialistes plus proches d'elle (O.R.L. gastro-entérologues, radiologues etc.) le conflit entre les deux "Centrales" était inévitable au bénéfice de la F.M.F., ravie de l'aubaine en accueillant simultanément les deux nouveaux « Collèges » de spécialistes en totalité.

Toute organisation nouvelle se doit de posséder ou de créer une publication pour instruire ses membres et diffuser ses objectifs. Il existait bien à cette époque un modeste bulletin," Le chirurgien français ", publié par la CSMF auquel j'avais d'ailleurs collaboré en proposant une maquette de couverture, dans le style de la NRF, blanche à filets rouges, avec une silhouette de chirurgien dessinée par ma fille Catherine.

Je fus chargé par le premier Bureau du Collège de créer une Revue nouvelle portant la marque et les projets du nouveau syndicat dont la création suscita rapidement un vif intérêt. M'inspirant du travail déjà effectué pour le Bulletin CSMF, je proposai trois projets de maquette lors d'un des tous premiers Bureaux et plusieurs titres dont deux seulement furent retenus. Le Bureau hésita longuement entre " Nous, chirurgiens !" proposé par André BLANCHET et le titre plus sobre de "Cahiers de Chirurgie " que je défendais depuis le début. C'est ce dernier qui ne fut adopté qu'à deux voix près. La couleur orange qui était à la mode en 1970 fut adoptée à l'unanimité. Mais pour donner une certaine agressivité à la couverture, elle fut divisée en deux parties égales verticales, l'une blanche portant le logo à venir et l'autre, orange vif.

Restait le titre dont le graphisme fut difficile à choisir. S'agissant de "Cahiers", il semblait indiqué de retenir un style scolaire, ce qui permettait, pour justifier le pluriel du titre, d'en relier plusieurs individualisés selon leur objet particulier.

Ce projet fut accepté et réalisé par notre éditeur qui à cette époque était la Médicale de France, compagnie d'assurances professionnelles, filiale du Crédit Lyonnais. Après les " Femmes chirurgiens dentistes, ", cette compagnie souhaitait prospecter les chirurgiens. Madame de TOURNEMIRE, responsable de ce service, nous déchargea de toutes les tâches matérielles, formalités officielles, dépôt du titre, commission paritaire, routage, prospection publicitaire. Entièrement bénévoles, nous n'avions pas d'autres obligations contractuelles que d'assurer la rédaction et de fournir à date fixe, les textes dactylographiés et de donner le bon à tirer après correction rapide des épreuves.

 

Le Collège a gardé une grande reconnaissance à la Médicale de France qui supportait tous les frais, y compris ceux d'un stand lors du Congrès annuel de l'A.F.C [1]  et nous a permis de nous lancer dans l'aventure.

 

A partir du n° 7; nos relations courtoises et même amicales se détériorèrent progressivement sans raison apparente jusqu'à un point de rupture avec le n° 21 qui fut publié et routé par un autre imprimeur choisi à notre insu et sans avoir pu corriger les épreuves ni donné le bon à tirer.

 

Me suis-je montré trop exigeant ? Me suis-je plaint d'un routage devenu fantaisiste ? ou encore d"un manque de suivi pour différents contrats non exécutés ou enfin de demandes de contrats R.C.P.non satisfaites ?

 

Toujours est-il que, du jour au lendemain, nous avons décidé de reprendre notre liberté en assurant nous même toutes les obligations correspondantes, y compris financières. Il faut rappeler que le succès rapide du Collège et une gestion rigoureuse nous permettaient de faire face à tous nos engagement vis-à-vis de nos adhérents, nos abonnés et nos fournisseurs.

 

Par recoupement nous avons fini par comprendre la raison profonde de cette brouille : notre politique éditoriale de défense des chirurgiens et certaines prises de position hostiles à l'avortement auraient été vivement critiquées à un échelon subalterne tandis que la haute direction souhaitait au contraire maintenir et développer nos relations initiales.

 

Cet incident de parcours nous a montré à quel point notre indépendance était menacée dès lors que nous étions financièrement assistés. Forts de cette expérience, nous avons depuis lors, toujours jalousement veillé à ne jamais aliéner notre liberté d'expression et à nous en donner les moyens matériels par une politique rigoureuse d'abonnements.

L'abonnement payant obligatoire

De très nombreuses revues professionnelles étaient à cette époque servies souvent gratuitement grâce à une publicité encore abondante. Les destinataires n'y attachaient par conséquent aucune valeur. L'un d'eux sollicitant un renseignement sur un sujet que nous avions déjà traité dans le cadre d'un routage de prospection réglementaire; nous a même avoué cyniquement " Oh moi! les revues, je les flanque au panier sans les ouvrir !", titre d'un article rappelé plus haut.

Partant de l'idée qu'une revue n'est respectée que si elle est payante, à plus forte raison qu'elle n'est conservée que si si la revue est utilement professionnelle, nous avons institué l'abonnement payant obligatoire, toujours jumelé à la cotisation, mais payés comme l'impose d'ailleurs la réglementation, par deux versements distincts.

Pour réussir cette petite révolution, la revue devait atteindre un certain niveau de qualité justifiant l'effort d'un abonnement et surtout un objectif strictement professionnel. Il n'était donc pas question d'empiéter sur le domaine scientifique, largement pourvu par des abonnements aux revues spécialisées diffusant les travaux des Sociétés savantes auxquelles, tout spécialiste est généralement affilié au titre de sa formation continue personnelle.

Cette politique d'indépendance comportait de lourdes contraintes : appels et rappels d'abonnements échus, comptabilités séparées, reversements de T.V.A. et surtout, qualité de la forme et du fond nous obligeant à choisir des sujets d'intérêt général, à vérifier nos sources et surtout les chiffres statistiques pour éviter toute critique, voire toute polémique.

Cahiers de ChirurgieCherchant à capter individuellement l'attention de chaque chirurgien, quel que soit son mode d'exercice, les Cahiers ont finalement trouvé une formule équilibrée en s'adressant dans chaque numéro, dans des cahiers distincts à ceux qui fréquentaient les cliniques privées d'exercice libéral, ou à ceux qui travaillaient à l'hôpital public sous différents statuts. Un certain nombre ne comprenaient pas cette double orientation jusqu'au jour où eux-mêmes, dans le courant de leur carrière, furent amenés à passer d'un secteur à l'autre, voire même à retrouver la situation de leur début de carrière…

Si la formation du chirurgien, les techniques qu'il utilise autour d'un plateau technique lourd, qu'il soit chirurgien public, privé ou mixte sont identiques, les modes d'exercice sous statut public ou sous régime conventionnel sont bien différents et ce sont ces caractéristiques qui devaient, selon nous, recevoir les informations spécifiques qui les concernent, si possible sous une forme simplifiée, directement assimilable et susceptible d'être conservée avec une mise en page appropriée, ce qui n'était pas toujours matériellement réalisable.

Désireux d'être aussi complet que possible, je m'obligeais à me tenir au courant de l'actualité politique, syndicale, professionnelle, presque au jour le jour, malgré son abondance, de soumettre à la critique du lecteur, l'information, les innombrables nouvelles recueillies, les orientations et les réformes en cours.

Tout en étant encore en activité et plus tard, retraité, j'ai accompli pratiquement à plein temps une tâche de journaliste spécialisé, rassemblant jour après jour, une riche moisson d'informations dont je pouvais extraire ce qui me paraissait utile au bénéfice de ceux qui avaient souscrit un abonnement et qui en avaient, en quelque sorte, pour leur argent.

Le respect de toutes ces contraintes, et notamment la périodicité de chaque livraison, fut un souci permanent qui ne m'a laissé aucun répit pendant 24 années consécutives, et même au delà.

Invité aux conférences de presse de plusieurs ministères pendant une bonne vingtaine d'années, j'ai connu de nombreux journalistes professionnels et entretenu avec certains d'entre eux, de bien utiles relations tant pour eux que pour les abonnés que je représentais. On arrive mal à imaginer tout ce qu'un journaliste arrive à glaner en furetant partout ! Mais attention au "tuyau crevé". J'ai eu la chance de ne pas publier trop vite ce que je n'avais pas soigneusement vérifié.

Le courrier des lecteurs

Comme je l'ai rappelé plus haut, le courrier des lecteurs est, à mon avis, la rubrique la plus intéressante de toute publication. Elle apporte souvent des éléments inédits ou des appréciations parfois originales ou inattendues sur n'importe quel sujet. Elle montre que le lecteur s'est donné la peine de vous lire, de se décider à écrire, de rédiger son intervention, de l'adresser à la Rédaction et… d'attendre une éventuelle réponse.

Les Cahiers de Chirurgie ont reçu au fil des années un courrier de plus en plus abondant. Ces réflexions " venues de la base" ont toujours été dignes d'intérêt, soit pour critiquer notre action soit pour nous encourager, soit même pour la durcir en fonction de l'étendue du désastre. En répondant pour réfuter, corriger un argument ou un chiffre, un dialogue fructueux s'est souvent installé entre le Collège et le lecteur et au-delà, avec le ministère, ses services, l'assurance maladie aux différents échelons. Certaines suggestions ont été retenues grâce aux Cahiers et sont ainsi devenues les initiatives de certains décideurs, seul moyen de les voir aboutir …!

Un effet inattendu

Cette politique de l'abonnement payant a contribué à renforcer sa représentativité au temps où le Collège National des Chirurgiens Français était encore affilié à la F.M.F. En effet, lors de l'enquête de 1984 en vue du renouvellement de la Convention expirant en 1985, Mr. BABDOR, l'Inspecteur des Affaires Sociales qui était chargé de l'enquête administrative considéra que le fait d'exiger le versement du montant d'un abonnement simple aux Cahiers de Chirurgie et d'en apporter la preuve, même non jumelé au versement d'une cotisation syndicale au Collège, était le fait de lecteurs sympathisants et comptabilisés comme tels avec les adhérents et cotisants de la FMF.

Cette interprétation était d'autant plus favorable que le nombre d'abonnements payants était loin d'être négligeable. Mais il ne profita qu'à la FMF puisque le Collège n'avait pas encore décidé de devenir autonome et par conséquent n'était pas encore capable de tenter d'obtenir une représentativité directe. Malheureusement, devenu indépendant à partir de 1987, le Collège ayant posé cette fois sa candidature directe à la représentativité, l'argument de l'abonnement payant ne fut plus retenu par les inspecteurs chargés des enquêtes suivantes…

Devant la méthodologie à géométrie variable des enquêtes en représentativité, le Collège dut attendre 1993 et qu'il soit devenu "l'UCCSF" par son alliance le 2 novembre 1992 avec la Fédération Nationale des Praticiens des Ets privés (FNEP). Dans le domaine de la Santé, selon une règle non écrite, la représentativité ne pouvait être accordée à un syndicat mono-catégoriel.

Le contenu et les résultats

J'ai assumé pratiquement seul du premier numéro ( 1er trimestre 1972 – 64 pages) - au n° 95 ( 3 ème trimestre 1995 - 234 pages) soit pendant près de 25 ans la rédaction des Cahiers. Avec les numéros spéciaux ou supplémentaires jumelés au numéro normal bénéficiant du routage 206, on dénombre un total de 116 publications dont certaines ont constitué des documents de référence .Je ne citerai que les 3 numéros consacrés à 5 ans d'intervalle au "désastre du K" ou ceux consacrés aux "stomies digestives et urinaires" avec utilisation de la couleur. 20 ans après leur parution, certaines écoles de stomathérapie ou leurs élèves réclamaient encore des copies des numéros épuisés.

Certaines rubriques ont été très suivies, notamment celles de la jurisprudence des Tribunaux des Affaires de Sécurité Sociale (TASS) en publiant pendant une dizaine d'années à partir de 1986 les innombrables jugements à la suite des contentieux induits par une Nomenclature Générale des Actes Professionnels (NGAP) mal rédigée et toujours en retard sur les progrès techniques réalisés en chirurgie notamment. L'exemple de la cotation des actes effectués sous coelio-chirurgie est restée célèbre : il a fallu après plusieurs jugements de TASS contestés par les Caisses d'Assurance maladie, obtenir plusieurs Arrêts de la Cour de Cassation qui ont permis d'actualiser une NGAP complètement dépassée et d'apporter la preuve de la mauvaise volonté de certaines Caisses à l'égard des chirurgiens digestifs d'exercice libéral.

On peut dire que les Cahiers de chirurgie ont fortement contribué à cette victoire syndicale qui nous a valu une rancune tenace de la part de certains services de la CNAM.TS.. Encore fallait-il obtenir la copie de tous ces jugements en les réclamant aux chirurgiens concernés : après avoir obtenu gain de cause sur nos conseils, ils ne se souciaient guère de l'intérêt collectif attaché à l'accumulation de jugements favorables pour faire évoluer une situation délibérément bloquée.

L'exemple des Cahiers de Chirurgie a été suivi avec le même succès par le Syndicat National des Médecins Anesthésistes-Réanimateurs Français (SNARF) pour leurs propres cotations spécifiques notamment celles jumelées à la coelio-chirurgie.

La doctrine de base

Les Cahiers de Chirurgie se sont toujours efforcés de garder la même ligne éditoriale centrée sur le mode d'exercice des spécialistes effectuant des actes uniques, ( thérapeutiques), ou répétitifs (d'exploration fonctionnelle) par des utilisateurs travaillant en équipe et utilisant des plateaux techniques lourds et performants (P.T.L.) Cette conception doctrinale affinée au fil des années appelait nécessairement un système conventionnel ou contractuel négocié et conclu entre les trois partenaires indissociables, les praticiens (et les autres professionnels de santé), les gestionnaires des installations de haute technicité dont les utilisateurs ont perdu progressivement la propriété, et le ou les organismes payeurs (caisses d'assurance-maladie ou de prévoyance, mutuelles, assurances privées).

 

Comme on pouvait s'y attendre, cette conception tri-partite déjà avancée dès avril 1974 lors du Colloque de la Maison de l'Amérique Latine solidarisant les praticiens et leur outil de travail, fut systématiquement repoussée par les partisans d'un système conventionnel unique, global, uniforme, rigide et inextensible réservé au seul corps médical malgré sa diversité, et excluant par conséquent les autres professionnels de santé, toute coopération entre les établissements privés et l'assurance maladie. La même assurance-maladie préférait un système conventionnel binaire : CNAM - CANAM – MSA - praticiens libéraux...

Cette attitude devait fatalement conduire un jour ou l'autre à l'échec matérialisé par l'absence de toute convention de spécialiste et l'octroi d'un règlement conventionnel minimal depuis 1998.

On peut espérer que dans l'avenir des relations tripartites s'établiront inévitablement en rapprochant les trois partenaires selon les perspectives ouvertes par le plan JUPPE de 1996 qui a déjà amorcé une réforme de grande ampleur, épousant les réalités quotidiennes du terrain.

Les principales étapes des Cahiers

Le Professeur Georges GUILLEMIN fut le premier Directeur des Cahiers de Chirurgie. Professeur de Clinique Chirurgicale de la Faculté de LYON et chef de service de l'Hôtel - Dieu. En sa double qualité de Président du Collège National des Chirurgiens Français et de responsable des Cahiers, sa forte personnalité s'était imposée depuis de nombreuses années dans toute la profession par la qualité de ses travaux, par son humanité bienveillante, par sa modestie légendaire, par l'admiration respectueuse que ses nombreux élèves - "ses poussins" comme il les appelait familièrement - portent toujours à sa mémoire.

Avec la caution de sa seule présence, j'ai pu constituer un illustre Comité de parrainage et de Rédaction auquel participèrent activement Pierre GUENIN qui fut mon conférencier d'externat puis d'internat, et le fidèle et actif Jean BENASSY qui m'apportèrent un soutien constant, efficace et … indulgent.

In memoriam

Le Pr. Georges GUILLEMIN décède le 25 Août 1994 dans sa 82ème année. Il revenait à son successeur à la tête du Collège National des Chirurgiens Français, le Pr Louis F. HOLLENDER,(Strasbourg), Président de l'Académie de Chirurgie et futur Président de l'Académie de Médecine de lui rendre un dernier et vibrant hommage paru dans le Cahier n° 92 - 4ème trimestre 1992.

Les hasards du montage typographique de ce même numéro rappelle au dos du texte du Pr. L.F. HOLLENDER, le cliché d'une délégation du Bureau du Collège comprenant Pierre PINEAU, Pierre GUENIN, le Président GUILLEMIN et Jean BENASSY, sortant d'une entrevue avec le ministre… [2]

La fonction de Directeur de la revue fut successivement occupée par le Dr.Jean-Pierre DEMANT (Toulouse) Didier LAMBERT (Pau), et jusqu'en 2004, par Jacques MEURETTE (Douai). [3]

Le Cahier de la F.N.E.P

La création de la Fédération Nationale des Praticiens des Ets d'hospitalisation privée (F.N.E.P.) dont les statuts furent déposés à Paris, le 22 janvier 1973 sous le n° 15.403 élargit le champ de compétence des chirurgiens qu'ils soient publics ou libéraux, aux modalités d'exercice de ces derniers qui commencent à s'ébaucher sous la forme de contrats conclus entre ces spécialistes chirurgicaux et les gestionnaires des cliniques qui les accueillent.

Les Cahiers s'ouvrent alors à cette catégorie de praticiens libéraux utilisateurs de Plateaux Techniques Lourds (P.T.L.) [4]  sous convention avec l'assurance maladie.

puis celui du chirurgien hospitalier public

dont les modalités d'exercice se sont diversifiées selon une typologie codifiée par plusieurs statuts

temps plein, avec ou sans secteur privé,(PH)

avec ou sans fonctions universitaires (PHU et PU-PH)

temps partiel ou parcellaire (attachés) sans secteur privé

ou sous contrat, uni ou multisite.

Les CAHIERS de CHIRURGIE et les dissidences

Le succès de cette formule et l'intérêt des orientations diffusées par cette revue trimestrielle renforcées par les circulaires mensuelles de l'Union Collégiale des Chirurgiens et Spécialistes Français (U.C.C.S.F.) [5]  suscitèrent des émules mais aussi des appétits.

Les résultats favorables des premières élections de 1994 aux Unions Régionales des Médecins libéraux issus de la loi TEULADE renforçant ceux des élections hospitalières nationales où l'UCCSF présentait des listes depuis 1986 avaient donné une impulsion supplémentaire aux espoirs d'une génération issue de 1968 mais déjà touchée par la crise traversée par les spécialités chirurgicales dans les deux secteurs, suite lointaine des chocs pétroliers et de leurs répercussions économiques et sociales.

Une première dissidence (1993) issue des rangs de l'UCCSF suscitée par quelques jalousies ou ambitions entraîna la création successivement d'un Syndicat unifié des chirurgiens (SUCF - Dr G. Maudrux), puis d'une Union des chirurgiens français (UCF - Dr D. Lambert et J. Meurette) et enfin la 3ème dissidence de l'Union des chirurgiens français (Dr Ph. Cuq (UDCF).

Devant le retard apporté par les décideurs, - Caisses et pouvoirs publics confondus - à entreprendre les réformes nécessaires et l'impatience montante de jeunes chirurgiens, l'UCCSF avait cherché à mettre la Revue à l'abri d'un prédateur éventuel convoitant les Cahiers de Chirurgie. A cet effet, il fut décidé d'introduire la modification suivante de ses statuts lors de l'Assemblée Générale Extraordinaire du 17 mai 1997. [6]

Article 7. Le Bureau participe à la Rédaction et à la publication régulière des "Cahiers de Chirurgie" dont l'Union Collégiale des Chirurgiens et Spécialistes Français, le Collège National des Chirurgiens Français et la Fédération Nationale des Praticiens des Ets Privés (FNEP) sont co-propriétaires du "Titre".

Cette précision traduisait une intention qui ne fut concrétisée que plus tard, le 28 octobre 2004, par le dépôt officiel du Titre et du logo auprès de l' Institut National de la propriété Industrielle (I.N.P.I).

S'agissant de l'UCF qui avait changé de siège, destitué J.P. DEMANT le 30 septembre 1996, déposé de nouveaux statuts le 19 décembre 1996 tout en conservant non seulement le n° 15.000, celui de la création du Collège, et surtout le même titre de la Revue, avec une présentation presque identique, le syndicat dissident avait gardé les mêmes orientations, allant jusqu'à plagier certains articles jusqu'aux slogans syndicaux !

Les nouveaux dirigeants de l'UCF ont entretenu la confusion entre l'UCCSF-UCF et l'illusion d'une continuité pouvait paraître complète lorsque la nouvelle Rédaction indiqua sur la page de garde "propriétaire du titre !". L'U.C.F. a ainsi longtemps abusé les adhérents du Collège qui continuaient à cotiser à l'organisation dissidente et à s'abonner aux Cahiers…!

Toutefois puisque l'œuvre entreprise depuis la création des Cahiers de Chirurgie par le Collège semblait se poursuivre tant bien que mal, sous l'impulsion du Dr. REGENSBERG qui me succéda comme rédacteur en chef, l'UCCSF n'a pas eu l'intention d'entreprendre une action judiciaire pour dénoncer cette usurpation dans l'espoir toujours entretenu d'une réunification. [7]

Dans l'intervalle, l'UCCSF fut enfin reconnue le 5 février 1997 représentative des médecins spécialistes libéraux apte en tant que telle, à négocier seule une Convention spécifique qu'elle signa le 12 mars 1997.

Par contre; l'UCF, restée volontairement mono-catégorielle, ne pouvait que continuer à demeurer sous la dépendance des autres organisations polycatégorielles concurrentes officiellement représentatives.

Le 28 Octobre 2004

Stoïquement, l'UCCSF qui avait maintenu imperturbablement son cap au milieu de ces remous, fut reconnue officiellement représentative et devint signataire de la Convention de 1997 qui fut annulée le 26 juin 1998 dans les circonstances rappelées ci-dessus. En l'absence de convention, un règlement conventionnel minimal applicable aux seuls spécialistes, fut institué pendant de longues années. Il contribua à détériorer une situation devenue inextricable. Par contre, la convention des généralistes n'ayant pas été annulée par le Conseil d'Etat, fut poursuivie sans aléa majeur.

Dans ce contexte général et en prévision de la formation d'un troisième syndicat de chirurgiens qui lorgnait avec convoitise les Cahiers de Chirurgie, Jean Gabriel BRUN, élu Président depuis 2001 de l'UCCSF me demanda de déposer officiellement le titre et le logo des Cahiers de Chirurgie de cette Revue dont je fus le créateur et le Rédacteur en chef pendant 24 ans.

Cette propriété collective figurait déjà dans les statuts du Collège, de la FNEP et du l'UCCSF comme il est rappelé plus haut depuis l'A.G. du 24 Mai 1997; mais n'avait pas été officiellement déposée auprès de l'I.N.P.I.

Le 28 Octobre 2004, j'effectuai à l'INPI les formalités nécessaires en devenant officiellement le propriétaire du Titre et du logo des Cahiers de Chirurgie à titre personnel sous le numéro 04 3 320 985.

La 3ème dissidence

L'UCF qui avait cherché à s'assurer le monopole de la défense de la chirurgie libérale aux dépens du Collège fut à son tour infiltrée par une nouvelle génération de chirurgiens déterminés à employer les grands moyens pour se faire entendre. Menée par Philippe CUQ (Toulouse) et sous la menace d'une "grêve" spectaculaire, en fait un départ massif de chirurgiens libéraux français en Grande Bretagne prévu pour le début septembre 2004 qui fut sur le point de réussir.

Bien préparée par des spécialistes de la communication, soutenue par une grande partie de la profession, elle inquiéta le gouvernement d'autant plus que des parlementaires chirurgiens de la majorité lui étaient favorables. Le gouvernement se décida en urgence à créer alors un Conseil National de la Chirurgie et après de laborieuses négociations, un accord ministériel fut conclu in extremis le 24 Août 2004 …à la condition d'arrêter le mouvement !

Avec le recul, on peut dire aujourd'hui que l'arrêt brutal des consignes syndicales à la veille du départ outre Manche fut une faute syndicale lourde reposant sur la confiance aveugle accordée à la signature du ministre en charge du dossier, le Pr Philippe DOUSTE BLAZY. Une nouvelle tentative quelques mois plus tard se solda par un échec. Deux ans plus tard, en 2006, le point 9 de l'accord du 24 août 2004, le plus important, n'a toujours pas été exécuté…!

Les remous syndicaux collatéraux

Après le succès remporté en Juin 2005 aux élections hospitalières publiques des listes de PH. à temps partiel présentées par l'UCCSF associées à celles de la CMH (F.Aubart) et du SNAM-HP (Pr. Rymer) l'approche des 3èmes élections aux URML en mai 2006 préoccupe toutes les formations syndicales de médecins (généralistes ou spécialistes) ayant une activité libérale.

Des remaniements syndicaux entraînant de nouvelles configurations sont à prévoir.

D'ores et déjà, l'UCCSF a modifié son sigle au cours d'une AGE le 25 Novembre 2005 pour permettre à certains syndicaux de Médecins d'être représentés par l'UCCMSF dont le Président, le Dr. J.Marie COUSIN, venu du SYNGOF remplacera le Dr. Jean Gabriel BRUN, devenu Délégué Général.

Les Cahiers de Chirurgie toujours convoités pourraient être confiés à la nouvelle UCCMSF. ou à l'une de ses composantes.

En qualité de seul propriétaire du titre et du logo, j'étais prêt à en confier GRATUITEMENT l'usage à l'Organisation qui prendrait l'engagement d'en conserver la même ligne éditoriale et de me permettre d'y tenir une rubrique de "libre opinion".

Un protocole d'accord renouvelé périodiquement préciserait certains points techniques.

Il n'a toujours pas été conclu à ce jour entre le Président de l'Organisation responsable du financement de la gestion, le Directeur de la publication, M. BRANCHET (assurances professionnelles) et Maître J. VITENBERG, conseiller juridique.

J'ai seulement autorisé provisoirement le site Internet de l'UCCMSF ouvert et contrôlé par le Dr. Jean Gabriel BRUN à utiliser le titre et le logo des Cahiers de Chirurgie jusqu'à ce qu'un accord définitif soit conclu.

A mon décès, ce protocole devra être renégocié avec ma succession.

Le rôle de l'équipe de rédaction.

Le succès remporté par les "Cahiers de Chirurgie" et le souvenir que près de trois générations de chirurgiens ont gardé de l'instrument de leur défense professionnelle résulte des 25 années de travail obscur et souvent ingrat que Madame Estelle BASDEVANT leur a consacrés, tout en assurant le Secrétariat de l'UCCSF.

Avec l'aide de la fidèle Jacqueline Le CLOAREC, Mme BASDEVANT a su coordonner avec une efficacité toujours souriante et une rigueur imperturbable, les équipes qui ont participé à la rédaction, la fabrication, le routage, la gestion; la régie publicitaire de la Revue. [8]

 

Son dévouement lui a valu et lui vaut encore aujourd'hui, la reconnaissance de toute la profession.

1.
Association Française de Chirurgie 
2.
voir Cahiers de Chirurgie n° 92 – 4ème trimestre 1994, pages 4, 5 et 6 
3.
voir ci-après la situation juridique des Cahiers de Chirurgie entre 1995 et 2004. Depuis leur origine, les Cahiers de Chirurgie ont bénéficié sans interruption de leur numéro d'inscription à la Commission Paritaire des publications et agences de presse (n° 52.546). 
4.
L'expression de "Plateau technique minimum" fut utilisée pour la première fois par le Dr. Pierre CHARBONNEAU, ancien Directeur Général de la Santé et largement utilisée depuis la loi BOULIN de 1970 (in "Combat pour la Santé".Ed.Médicales et Universitaires, Paris 1977, p. 133) 
5.
Les statuts de l'UCCSF furent déposés à Paris, le 5 novembre 1992 sous le n° 18.495 
6.
Cette Assemblée fut décidée après une première tentative (infructueuse) de déstabilisation du Collège de la part du SCUF 
7.
Espoir renouvelé lors du célèbre déjeuner du samedi 15 mai 1998 entre les états - majors réunis au 1er étage de la Tour Eiffel mais dont les engagements de rapprochement ne furent pas tenus. 
8.
Mmes Monique CANCEL et Monique POUPART, MM. Sylvain Le CORRE et Michel ABADIE (imprimerie Willaume Egret ; 91100 St Pierre du Perray.