"L'unique garantie des citoyens contre l'arbitraire, c'est la publicité"
Benjamin CONSTANT (1767-1830)
Les moyens d'action dont dispose un syndicat sont multiples, mais d'une efficacité très inégale. Aussi doivent-ils être utilisés à bon escient.
Devant un problème précis, il convient de rechercher l'échelon compétent à la fois dans les services d'un ministère et au niveau du cabinet du ministre en charge. Un rendez-vous suivi de la remise d'une note brève et/ou d'un dossier réduit à l'essentiel permettra d'ouvrir puis d'approfondir le dialogue entre le syndicat et les représentants de la puissance publique.
Si le sujet concerné relève simultanément d'un autre niveau de décision - région, département, caisse de Sécurité sociale, etc - il convient d'informer le ou les services extérieursf des premières démarches ministérielles engagées.
Le dossier ainsi engagé va commencer un parcours plus ou moins long et souvent sinueux. Pour ne pas risquer son ensablement, il faut le suivre à la trace et y intéresser la presse.
La presse professionnell
Après avoir cherché et trouvé le journaliste compétent, la démarche entreprise par le syndicat sera portée à la connaissance de l'ensemble des lecteurs, concernés ou non, mais du même coup, de tous les échelons officiels qui ont été déjà saisis, diffusion qui donne une crédibilité au sujet évoqué et qui peut être à l'origine d'un mouvement d'opinion en sa faveur.
A la condition d'être régulièrement tenue au courant de la progression du dossier, la presse contribue, avec un effet multiplicateur, à le conforter dans son cheminement en rappelant les arguments d'origine et éventuellement les premiers obstacles rencontrés.
A ce stade, il peut être opportun de recourir à la Conférence de presse.
Bien préparée avec un dossier solide qui ne sera distribué qu'à la fin de la réunion (juste avant le petit cocktail qui doit la clôturer !), la conférence de presse dont la date et l'heure doivent être soigneusement choisies, est susceptible de donner à la démarche initiale et au sujet soulevé, une résonnance particulière, surtout si les obstacles allégués sont le paravent commode de l'inertie des décideurs...
Si le sujet évoqué dépasse l'objectif catégoriel et comporte un intérêt collectif, la conférence de presse a quelque chance d'alerter l'opinion publique dont on sait qu'elle influence de plus en plus étroitement les pouvoirs publics.
Mais cette réunion est soumise à ne nombreux aléas, en particulier au nombre des journalistes disponibles. Or, les ministères ont multiplié depuis quelques années les conférences de presse, convoquées inopinément, parfois la veille par fax ou e-mail, en fonction des exigences d'une actualité chargée.
Il nous est arrivé, une seule fois c'est vrai, de rassembler jusqu'à 32 journalistes entassés dans une salle exigüe lorsque le Collègue National des Chirurgiens Français avait décidé en janvier 1987 de quitter la F.M.F.
Il nous est aussi arrivé aussi à deux reprises de ne recevoir frugalement qu'une seule journaliste qui avait préféré servir utilement et consciencieusement ses lecteurs en renonçant aux tentations d'un cocktail ministériel toujours richement achalandé... [1]
 
Les grands moyens
Le syndicat qui, malgré des démarches pressantes, ne parvient pas à se faire entendre, peut encore hausser le ton de trois façons différentes :
La lettre ouverte
Si plusieurs lettres, même recommandées, restent sans réponse malgré l'urgence d'une décision, une lettre rappelant les précédentes et les arguments développés sera adressée simultanément au ministre responsable et à la presse.
Cette lettre dite "ouverte" met directement en cause avec toute la déférence requise, le ministre (et en fait son cabinet) face à l'objet du litige qui est clairement et publiquement exposé.
Ce moyen est d'autant plus efficace qu'il est rarement utilisé. J'ai gardé le souvenir d'une lettre ouverte ainsi adressée lorsque, en 1960, les médecins des hôpitaux de 2ème catégorie comme on disait à l'époque, attendaient depuis plus de 7 mois le règlement de leurs salaires...
Le lendemain matin de la publication de cette lettre ouverte par une dépêche d'agence, j'ai reçu un appel téléphonique direct du Professeur E. AUJALEU, à l'époque Directeur de la Santé et des Hôpitaux et véritable patron du Ministère. Il m'avait cherché et trouvé à l'hôpital pour me demander des explications. Une dizaine de jours plus tard, tous les médecins concernés touchaient leur paye !
Rien de tel que quelques lignes dans la presse pour accélérer un dossier resté en panne quelque part.
La question écrite
Posée au Ministre par un parlementaire à la demande d'une organisation, la question écrite appelle obligatoirement une réponse officielle.
L'avantage de cette procédure réside dans l'exposé précis du problème, l'état du dossier et l'espoir d'une solution par la voie discrètement mais quelque peu scandaleuse de la révélation d'une imperfection ou d'une anomalie quelconque sur n'importe quel sujet par le Journal Officiel de la République.
Pour faire connaître un sujet et avancer un dossier en sommeil, les parlementaires acceptent volontiers de se charger de cette démarche auprès de la questure de l'Assemblée Nationale ou du Sénat. Certains s'y intéressent particulièrement s'ils ont une orientation qui englobe le sujet qui leur est proposé. D'autres sont heureux de se faire connaître par ce biais et montrer à leurs électeurs la polyvalence de leur travail. Dans tous les cas, la rédaction de la question qui incombe au syndicat demandeur doit être claire, concise et exacte pour ne pas exposer le parlementaire à une réponse négative ou vexante.
La réponse ministérielle qui est parfois très tardive doit être suivie et examinée avec le plus grand soin pour donner lieu à un échange d'arguments dans une... seconde question écrite Ainsi, à travers le J.O. un dialogue entre le syndicat et le Ministre peut se poursuivre par le truchement du parlementaire s'il accepte de servir d'intermédiaire. Si le sujet risque de gêner un ministre de la même majorité que le parlementaire, le syndicat peut alors être conduit à confier sa question à un autre parlementaire. Mais ce cas est rare, s'agissant de problèmes syndicaux n'ayant pas d'incidence politique directe.
Il nous est arrivé même de rédiger une question écrite à la demande même d'un Ministère pour lui permettre de répondre favorablement et officiellement à une demande syndicale.
Une question écrite peut être déposée, dans les mêmes termes ou dans des termes voisins, par des parlementaires différents. Cette démarche prend alors l'allure d'une pétition. Elle n'en est pas nécessairement plus efficace pour autant.
Quoi qu'il en soit la question écrite est l'élément officiel d'un dossier. Elle permet de mesurer d'une question à l'autre sur le même sujet, par les éléments successifs qu'elles apportent, la progression ou simplement l'évolution d'une orientation politique sur une réforme en cours.
Mais la question écrite entraîne un travail important de surveillance, de correspondance avec le ou les parlementaires intéressés qui freine parfois son usage.
Les grèves
Tout a été dit sur l'arme ultime d'un combat syndical qui a été si largement utilisée par de nombreuses catégories sociales et, il faut bien le dire, sans enthousiasme et même avec un certain malaise, par les médecins de ma génération.
Depuis la grève administrative à la grève des soins avec défilés dans la rue, il existe toute une série d'actions plus ou moins bruyantes destinées à alerter les décideurs et la population. Leur efficacité est très variable. Elle s'émousse vite avec la répétition. La grève dessert même parfois la cause qu'elle est censée défendre.
Le corps médical n'a jusqu'ici jamais trouvé la meilleure formule en raison de son rôle dans la société et de toutes ses contraintes morales. Nous n'en dirons pas plus sur ce sujet, laissant chacun se décider en conscience.
Une simple grève administrative des feuilles de maladie déclenchée au lendemain du décret du 12 mai 1960 a provoqué un tel affolement dans les caisses d'assurance maladie que, si cette manoeuvre n'avait pas pris fin d'elle-même en raison des vacances, les responsables des caisses ont redouté le pire, selon leurs révélations faites une fois le calme revenu !
Tous les moyens sont bons à la condition de ne pas en abuser. Le plus sûr d'entre eux reste la continuité de l'action syndicale sous-tendue par une ligne doctrinale lisible et rectiligne (voir article : "on ne peut pas plaire à tout le monde tout le temps").
La Presse
Le rôle de la presse [2]
"Le criquet tient dans le creux de la main mais on l'entend dans toute la prairie"
proverbe sénégalais
Il est devenu banal de reconnaître aux médias une influence croissante, parallèle au développement de l'information.
On a même pu dire qu'aux trois pouvoirs traditionnels, le législatif, l'exécutif et le judiciaire, il fallait ajouter celui de la presse. On peut se demander si, dans les régimes dits démocratiques, elle n'occupe pas en fait la première place, tant son influence s'exerce à tous les niveaux et en permanence au point de transformer sournoisement la nature du régime lui-même, en particulier lorsque les résultats des sondages orientent les "décideurs" plus soucieux d'aller dans le sens de l'opinion plutôt que dans celui de l'intérêt général ou même de leur propre programme électoral sur lequel ils ont été élus !
Depuis certaines affaires retentissantes débusquées et révélées au monde entier, la presse américaine dite d'investigation s'est érigée progressivement en enquêtrice, violant la liberté individuelle et la vie privée, au nom d'une morale qu'elle prétend représenter tout en flattant, dans un but lucratif, le goût du public pour la révélation croustillante d'une conduite jugée scandaleuse. Devenues justicières et moralisatrices, ces méthodes sont imitées dans la vieille EUROPE qui "s'américanise" rapidement.
Sans tomber dans ces excès, la presse médicale française [3]  n'échappe pas au phénomène en relayant, à sa façon, les nouvelles officielles, professionelles ou syndicales.
De quelle manière ?
Soumis à une concurrence de plus en plus sévère, chaque titre doit tenir compte, pour survivre, de ses annonceurs [4], de ses abonnements et de sa clientèle, abonnée ou non.
Le niveau technique de ses journalistes, habituellement non médecins [5], pigistes, ou salariés à plein temps, s'est nettement relevé au fil des années et en général, les sujets traités ne comportent plus d'erreurs grossières. Mieux encore, la plupart d'entre eux est capable d'analyser et de résumer - en un délai souvent très court - un rapport, un décret, ou une circulaire parfois très technique sur un point particulier en traduisant, en langage clair, la prose administrative habituellement obscure. Certains se sont distingués par leur érudition, leurs connaissances étendues, leur analyse pertinente d'un sujet rapporté avec objectivité, réalisme et lucidité. Les noms de Noël BAYON (Valeurs Actuelles) et de Bernard FEUILLY (Panorama dont il fut le fondateur) sont encore dans toutes les mémoires.
Jusque là, on ne peut que louer ceux et celles qui se consacrent à cette tâche ingrate, nécessitant souvent une bonne documentation, une attention toujours en éveil, une mémoire solide, et une santé robuste : les journalistes doivent en effet répondre à toute heure à un appel, une convocation à une conférence de presse, rester debout des heures durant, de jour ou de nuit, dans un couloir ou derrière une porte en attendant l'issue de négociations ou la rédaction d'un communiqué, prendre des notes à la volée dans un inconfort total, surmonter la faim ou la soif, pour une maigre rémunération. Je n'ai jamais rencontré un journaliste financièrement à l'aise. Par contre, la majorité vit chichement et même pauvrement. Le buffet qui clôture un exposé ou un point de presse est toujours très apprécié car il tient parfois lieu de repas pour la journée. Une invitation à dîner n'est jamais refusée. Certains syndicalistes comptent ainsi se concilier la reconnaissance du journaliste par l'article bienveillant qu'ils espèrent...
Pour peu qu'ils restent assez longtemps attachés à un journal, les journalistes ont une opinion en général assez peu flatteuse du corps médical. Ils nous connaissent bien et nous jugent sans complaisance. Malheur au syndicaliste qui s'est plaint d'un article à son rédacteur en chef. Malheur surtout à celui qui a rabroué sans précaution et directement tel autre journaliste.
Mais, les journalistes passent souvent d'un journal à l'autre. On reconnaît la progression dans la carrière de certains lorsqu'ils quittent un quotidien médical pour occuper un poste plus important dans la même spécialité, mais dans un quotidien de la "grande" presse. Nous en avons connu quelques exemples.
A notre tour, la fréquentation des journalistes nous a permis de les juger à travers leurs rivalités internes, celles de leurs journaux et parfois leur propre opinion : à coté du scrupuleux qui cherche à bien comprendre les rouages subtils du syndicalisme médical, ou de celui qui traduit avec une certaine désinvolture les prises de position de telle organisation, ou encore de l'étourdi qui s'est perdu dans le maquis des syndicats, force est de reconnaître dans l'ensemble une conscience professionnelle élevée induite par la recherche permanente de l'objectivité, même si leur intime conviction ne leur permet pas de souscrire aux orientations de ceux qu'ils ont pour devoir de rendre compte à travers leurs articles.
L'interview
Perpétuellement à la recherche d'information, à l'affût du « scoop » qui le distinguera momentanément de ses rivaux, le journaliste se documente de toutes les façons. La plus courante est l'entretien, terme plus sympathique que celui "d'interview", dont il existe trois formes :
  • la plus commode et la plus répandue demeure l'interview téléphonique, lorsque le journaliste connaît déjà le responsable syndical. qui, réciproquement, peut identifier l'appelant et le journal qu'il représente. En quelques questions, le journaliste cherche à connaître dans l'instant, la position de l'organisation interrogée sur un sujet précis qui n'a parfois même pas encore été débattu, à plus forte raison lorsque la nouvelle à commenter n'est encore qu'une simple rumeur. Le journaliste sait qu'il ne recueillera qu'une opinion personnelle, mais qu'importe. Grâce à l'article qui suivra, c'est cette opinion qui influencera par la suite l'organisation ainsi questionnée. Il faut donc être très circonspect dans la réponse et ne pas oublier que la conversation téléphonique est presque toujours enregistrée par le journaliste pour éviter les contestations et les démentis. Cette interview-piège à laquelle certains se laissent prendre par vanité, fiers d'avoir été sollicités, n'est heureusement pas la règle. Lorsque des relations confiantes et anciennes se sont établies entre un journaliste et un responsable syndical, la conversation peut être un échange enrichissant pour l'un comme pour l'autre par le brassage des informations. Les journalistes sont très souvent mieux informés qu'on ne croit, même s'ils feignent l'ignorance pour pouvoir croiser les diverses opinions ainsi recueillies sur le même sujet.
    Il ne faut pas non plus se fier aux acquiescements que le responsable syndical interrogé recueille à la suite des explications qu'il fournit à son interlocuteur : les journalistes savent très habilement faire parler leur interlocuteur en lui laissant croire qu'ils partagent son point de vue, et en le poussant à livrer le fond de sa pensée. Certains, flattés, s'y laissent prendre et le lendemain, cette opinion personnelle s'étale en gros titre sous une forme condensée dont le rédacteur en chef a le secret. Il est alors inutile de protester : le mal est fait et même un démenti rectificatif n'effacera pas la première impression.
  • la seconde modalité de l'entretien est plus sérieuse, moins dangereuse et plus solennelle : sur rendez-vous au siège de l'organisation, un journaliste chevronné accompagné parfois d'un journaliste stagiaire et éventuellement d'un photographe rencontrent un responsable syndical, seul ou en présence d'un autre membre de son bureau, pour connaître la politique de l'organisation professionnelle interrogée sur un ou plusieurs points précis.
    En général, le journaliste a préparé l'entretien par une liste de questions et l'audition est en général enregistrée en totalité avec l'autorisation de celui qui va engager, ès qualité, l'organisation au nom de laquelle il s'exprime. En cours d'entretien, le responsable peut corriger un mot, une expression, demander même à supprimer un passage qu'il juge inopportun, à la réflexion ou lors de la relecture de l'article avant sa publication [6]. Ce genre d'entretien peut être parfois très complet. Il sert souvent à amorcer un dialogue avec les pouvoirs publics par le caractère quasi officiel des déclarations fidèlement rapportées par le journal qui les a recueillies.
  • la troisième forme d'entretien est dérivée "en miroir" de la précédente, mais moins spontanée, plus artificielle, et en quelque sorte pré-fabriquée. Elle consiste pour l'organisation qui l'a demandée à établir pour le journal qui l'accepte et pour le journaliste qui le transmet, un article comportant, sous forme de questions-réponses entièrement rédigées, un exposé précis sur un sujet déterminé dont tous les termes ont été soigneusement pesés. Le journaliste ne prend dans ce cas aucune initiative ni aucun risque. Il n'endosse par conséquent aucune responsabilité, en dépit de quelques artifices convenus.
La présentation de l'information
Tout réside donc dans la traduction du fait lui-même et son interprétation dans le "papier" qui sera publié soit dans les heures qui suivent, soit plus tard. dans un texte enrichi par d'autres prises de position, soit encore beaucoup plus tard... pour mettre un auteur en contradiction avec lui-même !
Chaque journaliste donnera, à travers sa propre opinion, celle des différents intervenants consultés - ou non -, celle de son journal selon la ligne éditoriale tracée par le rédacteur en chef.
Les événements relatés peuvent ainsi être grossis ou minimisés, rapportés avec objectivité ou complètement déformés selon les mots employés, la typographie utilisée, les citations retenues, ou froidement passés sous silence avec l'excuse bien connue du manque de place disponible et en raison de l'abondance de textes...
Lorsque le journal cherche à imposer sa politique, il peut reprendre la même information à plusieurs reprises sous des formes différentes, dans le même numéro ou dans plusieurs numéros successifs pour assurer par la répétition, l'effet pédagogique recherché.
A l'inverse, lorsqu'une opinion ou une prise de position lui déplait, le journal peut l'ignorer ou même la rendre impopulaire par le jeu des citations tronquées ou des commentaires négatifs.
Enfin, le rôle de la manchette, la taille des caractères, la place de l'article et des intertitres, la présence d'une photo sont autant d'éléments dont l'influence peut devenir déterminante lorsqu'on s'adresse à un lectorat pressé ne disposant que de quelques secondes pour se tenir au courant - du moins le croit-il - dans une période particulièrement dense.
Les conséquences
La vérité finit toujours par s'imposer. Mais au cours des dernières années, l'opinion médicale sur les réformes (plan VEIL, plan EVIN, plan JUPPE, plan AUBRY, plan JOHANET) a été soumise à un conditionnement négatif qui a conduit par exemple, les internes et les chefs de clinique dans la rue pour défendre des intérêts syndicaux qui étaient en réalité ceux de leurs aînés.
Il en fut de même en 1985 lorsque la réforme de la départementalisation hospitalière fut combattue par une minorité influente bénéficiant de l'appui de la presse médicale. On peut en mesurer aujourd'hui les conséquences à la fois pour toute une génération de jeunes hospitaliers et pour l'institution hospitalière elle-même.
Il en fut également ainsi dans les années 1970 lorsque la presse unanime annonçait en écho aux propos alarmistes du Dr Jacques MONIER, président de la CSMF que le pays allait cruellement manquer de médecins à partir des années 1980... [7]
On a même remarqué la gêne de certains journalistes personnellement favorables au plan stratégique du 12 juillet 1999 inspiré par Gilles JOHANET et à la rigueur des réformes qu'il impliquait, mais obligés de les critiquer plus ou moins ouvertement pour plaire à leurs lecteurs ou à leurs annonceurs...Il faut bien vivre !
L'influence exercée par la presse [8]  sur l'opinion est particulièrement redoutée par les "décideurs". Il suffit de voir avec quelle inquiétude tel article de tel journaliste est dévoré par un cabinet ministériel au lendemain d'une conférence de presse annonçant une décision ou seulement une orientation. Si la réaction du journal est négative, voire hostile, un communiqué officiel rectificatif sera vite diffusé pour corriger ou atténuer une prise de position maladroite ou aventureuse. On invoquera une erreur d'interprétation, voire de transmission. Le démenti peut à la rigueur être utilisé pour rassurer une opinion publique prête à réagir.
Finalement, depuis Théophraste RENAUDOT, qui fut à la fois médecin et journaliste, nous avons assisté, surtout après la Révolution, à l'influence croissante et irrésistible de la presse écrite et observé, sous tous les régimes, son rôle déterminant sur la politique conduite par tout gouvernement, par opinion publique interposée. Cette influence est devenue obsédente avec les moyens audio-visuels modernes utilisés en permanence par chacun.
Aujourd'hui, l'information, vraie ou inexacte, est connue d'une large partie de la population, dans l'instant même et quel que soit le point de la planète où l'événement se produit. Le commentaire, objectif ou non, qui l'accompagne est souvent déterminant par la valeur pédagogique de sa répétition.
La liberté de la presse qui caractérise tout régime démocratique a progressivement construit, après l'exécutif, le législatif, et le judiciaire, le quatrième pouvoir qui est en passe de devenir le premier...
Médecine et médias
Le public est de plus en plus friand de médecine et les remarquables émissions télévisées de LALOU et de BARRERE ont largement contribué à vulgariser les techniques les plus modernes d'investigations et de traitement des pathologies les plus diverses.
" Moi, les revues, je les flanque au panier ! "
Telle est la réponse sarcastique et hautaine qu'une collaboratrice s'est attirée au cours d'un entretien avec un médecin spécialiste. [9]
Interloquée, elle ne sut quoi répondre sur le champ.
Elle aurait pu rappeler à ce confrère, peu soucieux de son perfectionnement professionnel que toutes les nouveautés et tous les progrès techniques sont essentiellement portés à la connaissance du corps médical par le truchement des revues professionnelles.
Certes, leur valeur est très inégale et leur diversité dilue parfois l'information et par conséquent son intérêt.
Certes, le spécialiste surchargé de besogne, et qui a trop tendance à ignorer volontairement ce qui ne le concerne pas directement, ne peut pas toujours consacrer à leur lecture le temps nécessaire, surtout s'il doit faire, au préalable, l'effort d'un tri.
Certes, l'encombrement publicitaire de certaines publications est souvent invoqué comme excuse, mais il ne faut pas oublier qu'avant d'être reproduit sous cette forme commerciale, l'information a souvent été au préalable, l'objet de travaux scientifiques diffusés sous une typographie ingrate et moins tapageuse. Une infime minorité du corps médical est affiliée à une société savante et reçoit son bulletin spécialisé.
La majorité doit se contenter des revues médicales de vulgarisation ou à défaut, de l'information dite médicale, souvent "à sensation" dont la presse quotidienne et la télévision sont si friandes.
Le médecin qui refuse délibérément de s'informer en est réduit à tenir les nouvelles médicales ou professionnelles soit de son quotidien favori, soit de son poste d'auto-radio quand ce n'est pas de la bouche même de ses malades mieux informés que lui.
On reproche souvent aux revues médicales de ne reproduire les nouvelles qu'avec un grand retard sur la presse quotidienne. Or, à l'exception de la nouvelle d'intérêt purement journalistique, il n'y a pas d'exemple qu'une telle information présentée au public comme une nouveauté n'ait déjà été publiée dans la presse professionnelle, française ou étrangére, plusieurs mois ou même plusieurs années plus tôt. Mais, celui qui jette ses revues au panier sans même les décacheter, ne peut le savoir...
Mais, au fait, pourquoi ce geste ?
Tout simplement, parce que la revue ainsi adressée est GRATUITE[10]
On n'attache en effet de l'importance ou de l'intérêt qu'à ce qu'on a réellement payé. L'attitude de ce médecin aurait été différente s'il avait souscrit un abonnement.
Il en va des revues comme des malades. La médecine gratuite ne suscite ni respect ni le même intérêt des "bénéficiaires", quelle que soit la qualité technique de l'acte qui leur a été dispensé et auquel ils n'ont pris nulle part. Ce fait est si caractéristique que certains malades consultent pour la même affection plusieurs fois le même jour, recevant plusieurs ordonnances... qu'ils ne font même pas exécuter.
On peut supposer que les exigences des publications et Agences de Presse contribueront - indirectement - à une meilleure information du corps médical.
Et pourtant, il arrive à son tour à cet imprudent d'avoir un besoin impératif et urgent d'un renseignement, qu'il s'agisse d'un nouveau traitement dont il a vaguement entendu parler ou d'une information professionnelle concernant son mode d'exercice.
Alors, on voit l'insouciant s'agiter dans toutes les directions, téléphonant à l'un, s'adressant à l'autre, finalement aboutissant dans les locaux d'un syndicat pour s'entendre dire, par exemple qu'il est forclos depuis longtemps pour réclamer telle disposition ou tel droit social...
Lui qui se flattait de ne rien lire, s'indigne alors de ne pas avoir été personnellement averti !
A l'opposé, il y a heureusement celui qui lit tout, qui découpe et classe tous les articles techniques ou professionnels et qui parfois, prend la peine d'écrire à l'auteur d'un article pour le féliciter ou au rédacteur en chef d'un journal pour se plaindre...
Son abonnement lui en donne le droit.
Chirurgie et médias
La chirurgie exerce sur le public, par médias interposés, un attrait permanent et irrésistible, qu'il s'agisse de vanter des prouesses opératoires, surtout s'il s'agit d'une "grande première mondiale" ou au contraire de jeter en pâture à l'opinion publique le responsable "d'une bavure".
Dans l'un et l'autre cas, une certaine retenue serait préférable à l'annonce d'une nouvelle à sensation, le "scoop" pour céder à la mode du franglais.
"La grande première" a parfois déjà été exécutée dans la discrétion et avec modestie. De plus on se garde bien de signaler les dangers ou les résultats qu'on ne connaît pas encore.
"La bavure" révélée sous de gros titres se révèle plus souvent qu'on ne croit, avec le recul ou à l'instruction, purement accidentelle, mais la réputation d'un chirurgien a été irrémédiablement ruinée, l'espace d'une édition de journaux, même si plusieurs mois ou même années plus tard, l'enquête ou la justice prouvent - mais cette fois en tout petits caractères - son innocence et sa mise hors de cause.
Il ne se passe pas de jour sans qu'une émission radiophonique ou télévisée ne soit consacrée à la médecine en général et à la chirurgie en particulier. Il suffit de tourner le bouton du transistor ou de l'auto-radio pour s'en convaincre : il faut bien flatter le goût du public, AUDIMAT oblige. Depuis la Rome antique et les sanglants jeux du cirque, le morbide fait recette.
Bien entendu, la médecine à la fois gratuite et sophistiquée séduit les foules par les prouesses techniques qu'on leur montre, explications à l'appui mais qu'elles ne comprennent pas nécessairement. On oublie seulement les échecs. Ainsi, le public s'imagine que les progrès sont tels que les chirurgiens peuvent tout oser et tout réussir. Il est vrai que les progrès fulgurants des techniques ont en quelques années amélioré considérablement les résultats et ouvert des perspectives paraissant illimitées. Mais quelle désillusion lorsque le but espéré n'est pas aussi brillant qu'à la TV couleur !
Voyez la surprise indignée d'une famille lorsque dans les suites opératoires un 38°5 intempestif introduit le doute et appelle des explications techniques comme celles que fournit généreusement tel spécialiste télégénique au sortir d'un exploit opératoire.
Il faut reconnaître que certaines de ces émissions sont très bien faites. Celles d'Etienne LALOU et d'Igor BARRERE ont largement contribué à vulgariser les techniques les plus modernes d'investigations et de traitement des pathologies les plus diverses. Elles devraient toutefois être réservées à l'usage du seul corps médical pour qui elles constitueraient d'ailleurs un excellent enseignement post-universitaire de formation continue. Le grand public qui ne les reçoit ni ne les comprend de la même façon ne peut les interpréter qu'à travers des cas personnels.
Aussi, nous disons que ces émissions sont néfastes parce qu'elles donnent au public une image parfois inexacte des possibilités réelles de la thérapeutique chirurgicale notamment parce qu'elles induisent une confiance que les faits peuvent démentir et surtout parce qu'elles donnent la quasi-certitude d'une réussite constante dont nous savons bien qu'elle n'est pas automatiquement atteinte. De plus, elles tendent à inspirer aux magistrats - qui regardent aussi la télévision - la notion de l'obligation de résultat alors que jusqu'à ces dernières années, les praticiens n'étaient tenus qu'à la seule obligation de moyens.
Que dire enfin de l'exhibitionnisme de certaines vedettes qui sont plein-temps à la télévision et qui feraient mieux de réserver leurs compétences didactiques à leurs étudiants qui les voient rarement, plutôt qu'aux foules attablées buvant leurs paroles pendant que le potage refroidit ?
Faut-il rappeler qu'en contravention avec les usages déontologiques, le nom et les titres du conférencier sont toujours signalés plusieurs fois au cours de l'émission, parfois même avec l'indication de son service hospitalier ?
Il ne faut pas négliger l'aspect économique de cette vulgarisation incontrôlée. A force de montrer les réussites médico-chirurgicales dans les domaines les plus variés, on est arrivé à stimuler, s'il en était besoin, l'appétit de consultations et de traitements longs et coûteux (pour la collectivité s'entend), voire d'opérations dont les dangers sont rarement évoqués.
Il en résulte pour l'Assurance-maladie un surcroît de dépenses qu'il est probablement impossible à chiffrer, mais dont le poids n'est certainement négligeable puisque les spécialistes de la discipline télévisée la veille, sont submergés dès le lendemain de demandes - toutes urgentes - de rendez-vous...
Ainsi, comme Marie Madeleine BENGLA le signalait déjà [11], le 27 Octobre 1978 se succédèrent sur les trois chaînes les émissions suivantes :
  • Antenne 2 : Médecins de nuit, version romancée du 15.
  • FR3 les greffes d’organes (avec la participation du Ministre de la Santé en personne)
  • TF1 : une des fameuses émissions médicales de Pierre DESGRAUPES [12]et Etienne LALOU
Ce soir là, la FRANCE a été gâtée !
S'il fallait en conclusion formuler quelques souhaits, on pourrait, avec le Collège National des Chirurgiens Français,
  • réduire à une par semaine le nombre des émissions médicales ou assimilées, destinées au grand public puisqu'il ne les comprend pas toujours dans l'esprit de vulgarisation et de présention qui inspire officiellement leurs réalisateurs.
  • donner les statistiques de succès et d'échec, comprenant la morbidité et la mortalité de l'intervention proposée.
  • n'autoriser l'accès à la T.V. qu'aux spécialistes qui ont renoncé à tout exercice privé (voir les déclarations de P. DESGRAUPES).
Le courrier des lecteurs
Cette rubrique a pris, au fil du temps, une importance croissante. Par son abondance et sa diversité, elle témoigne assez fidèlement de l'état d'esprit du lectorat. Quel qu'il soit, laudatif ou critique, il révèle un désir d'exprimer une opinion d'autant plus respectable qu'elle exige un effort d'écriture et de concision en raison de l'exiguité habituelle du support.
Certaines signatures sont bien connues. Elles s'expriment souvent, sur de nombreux sujets. D'autres plus timides, sont moins prolixes. Elles offrent le même intérêt que les autres, et parfois les dépassent.
C'est le plus souvent pour contester une décision, combattre une opinion, réfuter un argument, apporter une précision que le lecteur s'adresse à la rédaction. Parfois, approuvant une prise de position ou une suggestion, il apportera son soutien ou son témoignage. Il peut formuler une réflexion nouvelle dans un débat paraissant épuisé.
Un courrier en entraîne parfois un autre, approbateur ou contradictoire. Une polémique peut s'ouvrir. Des arguments nouveaux, des chiffres ignorés, des faits inédits peuvent être révélés.
Il arrive même qu'au détour d'une réflexion, une idée neuve ou même une proposition précise soit exprimée. Si elle est parfois irréaliste, elle peut aussi être féconde lorsqu'elle invite un responsable à une réflexion, voire à une prise en considération.
C'est ainsi que le courrier des lecteurs est la partie d'autant plus intéressante d'une publication qu'elle émane de la "base" et non d'un journaliste professionnel spécialisé. Lorsque la même idée est exprimée et reprise par d'autres, elle a quelque chance de faire son chemin avant d'être finalement retenue. La partie est gagnée lorsque chacun se vante de l'avoir lancée le premier !
C'est ainsi que se crée un courant qui deviendra progressivement un objectif admis par le plus grand nombre conduisant ou s'incorporant à une doctrine : tels furent par exemple, la dissociation du K, la conférence médicale d'établissement et la notion de "plateau technique lourd", de spécialités exercées en équipe.
On peut même soutenir que la rubrique du "courrier des lecteurs" est une des plus importantes d'une publication quelle qu'elle soit,... à condition qu'elle ne soit pas l'objet d'une censure sélective de la part des rédactions !
Le journalisme médical
Le journalisme spécialisé dans les questions médicales, qu'il s'agisse de vulgarisation scientifique ou de problèmes professionnels est apparu, sauf erreur, dans la seconde moitié du XX ème siècle, en même temps que la presse correspondante. Certes, quelques médecins s'étaient déjà engagés dans cette voie pour commenter une découverte, un traitement nouveau, décrire un artifice technique ou pour se faire l'écho d'une rumeur professionnelle.
Les laboratoires pharmaceutiques consacraient déjà une petite partie de leur budget publicitaire à l'élaboration de séries consacrées à l'architecture, à l'histoire, à la botanique etc. D'autres cherchaient à distraire le corps médical, comme le célèbre RIDENDO publiant des caricatures humoristiques parfois grivoises sur la relation médecin-malade.
Comme son illustre prédécesseur Théophraste RENAUDOT, Noël BAYON fut l'un des tous premiers journalistes médicaux contemporains. Correspondant de plusieurs journaux et notamment de la Gazette Médicale de France, il sillonnait Paris, le Ministère de la Santé, le Parlement, les conférences de presse, les Académies, un magnétophone à la main, pour être sûr de reproduire certaines phrases avec exactitude. Connaissant tout le monde, il prenait parti, conseillant l'un ou l'autre, parfois avec une conviction communicative que lui conféraient sa sincérité, son expérience et son âge.
La Presse professionnelle
Sauf erreur, la première publication hebdomadaire simultanément médico-professionnelle et syndicale fut "TONUS", éditée par un important laboratoire pharmaceutique. Tout en lui permettant d'assurer la promotion de ses produits, ce laboratoire avait choisi un rédacteur en chef médecin qui avait deviné l'intérêt que le corps médical trouverait dans un périodique diffusant gratuitement des nouvelles professionnelles. Il recruta en conséquence des collaborateurs, parfois médecins eux-mêmes qui firent carrière et se spécialisèrent par la suite.
Mais le premier véritable journal médical quotidien fut l'oeuvre volontaire et réfléchie de Marie-Claude MILLET et de son mari Philippe TESSON, journaliste professionnel confirmé, lorsqu'ils créèrent en 1970 le Quotidien du Médecin dans une cour proche de la Bastille. J'avais connu Marie-Claude MILLET lorsqu'elle était externe dans le service de chirurgie de l'Hôpital de NEUILLY dirigé à l'époque par mon Maître, le Pr. Jean BARCAT dont j'étais l'assistant. Melle MILLET s'était distinguée au cours de ce stage par son travail, ses aptitudes, sa vive intelligence. Nous savions qu'elle avait un oncle journaliste célèbre au FIGARO et nous n'avons pas été trop surpris d'apprendre qu'elle s'orientait dans cette voie, avec l'intention de défendre les valeurs médicales déjà menacées en créant une nouvelle forme de journalisme quotidien, de surcroît. Chacun a pu mesurer le chemin parcouru en 35 ans par le couple TESSON-MILLET et leur éclatante réussite en dépit des innombrables difficultés rencontrées et d'une concurrence de plus en plus rude.
Quelques années plus tard, Bernard FEUILLY qui avait une compétence reconnue pour les questions sociales créa PANORAMA du MEDECIN, au début quotidien, puis hebdomadaire. Jean de CHARRON fonda par la suite IMPACT-Médecin d'abord hebdomadaire puis IMPACT-quotidien.
Cette brève énumération révèle l'importance croissante de ce secteur professionnel qui s'est développé parallèlement à l'expansion démographique du corps médical lui-même et en fonction de son poids économique et de son rôle social. Après plusieurs regroupements fusions-absorptions comme dans d'autres branches d'activité, la presse médicale est devenue un vecteur irremplaçable d'informations tant pour le corps médical que pour les pouvoirs publics eux-mêmes.
Les publications syndicales ou assimilées
Chaque syndicat médical soucieux de faire connaître ses positions à ses adhérents commence par diffuser des circulaires qui se transforment plus ou moins vite en un journal qui devient son porte-parole officiel. A l'inverse, on peut dire qu'un syndicat médical qui n'a pas ou qui n'a plus de revue a pratiquement cessé d'exister aux yeux de la communauté médicale. [13]
Il en va de même pour les publications émanant de groupes de réflexion ou d'Associations comme l'UNAM qui éditait plusieurs titres dont PROFILS qui disparut à la mort de son fondateur le Dr Bernard Claude SAVY. Sans être un journaliste professionnel, il fut un polémiste de grand talent. [14]
Ces publications propres à chaque catégories professionnelles peuvent constituer une source d'information fiable pour les journalistes qui travaillent dans les journaux médicaux proprement dits. On observera qu'ils s'en servent peu, soit qu'ils ne les reçoivent pas soit qu'ils préférent l'interview téléphonique pour se faire préciser un détail ou les raisons réelles d'une prise de position.
Les journalistes médicaux
J'ai approché un certain nombre de journalistes médicaux dont certains étaient médecins. Le plus grand nombre de formation très diverse s'est progressivement spécialisé dans ce secteur très particulier. Quelques-uns se sont même consacrés au domaine hospitalier et d'autres à la médecine dite de ville. Les rubriques correspondantes que leur rédacteur en chef leur a confiées et qu'ils "couvrent" avec régularité sont lues de préférence par les médecins plus directement concernés. Ils ont en général une bonne connaissance de leur sujet à la condition de le suivre de près, quotidiennement s'il le faut, tant le sujet peut parfois évoluer d'une édition à l'autre. Ils doivent comprendre et utiliser le langage technique approprié, vérifier en permanence leurs sources, se faire expliquer au besoin la portée d'une décision officielle en apparence anodine, la situer par un commentaire approprié dans un contexte déjà connu ou au contraire encore flou.
Une erreur d'interprétation peut entraîner un démenti suivi d'un rectificatif du plus mauvais effet. Aussi, la plus grande prudence s'impose et c'est pourquoi le journaliste cherche à éviter d'être influencé. Il s'efforce à se montrer aussi objectif que possible, même s'il doit taire sa propre opinion ou ses sympathies personnelles qui ne sont pas toujours celles que suppose son interlocuteur...
Il (ou elle, car la profession s'est considérablement féminisée) doit obtenir le maximum de renseignements de celui ou de celle qu'il interroge. Il doit le mettre en confiance pour qu'il lui livre le fond de sa pensée. sans jamais l'indisposer par une question maladroite ou naïve. S'il réussit à obtenir un « scoop », il doit s'assurer non seulement qu'il est plausible ou vérifiable mais encore mériter à l'avenir la confiance qu'il a su inspirer en ne révélant que ce qu'il a été autorisé à publier.
S'il viole sa promesse, il est définitivement grillé.
Certains journalistes sont passés maîtres dans cet exercice périlleux et leur parcours professionnel jalonne leur réussite.
Je ne citerai que Catherine DENIS qui a quitté la profession, mais dont le nom est repris dans un certain nombre de travaux. Béatrice de CASSON a acquis dans cette fonction une compétence qui l'a conduite à un poste important à la Caisse Nationale d'Assurance-maladie puis à l'Agence de l'Hospitalisation de l'Ile de France. Serge BENADERETTE, toujours resté fidèle à PANORAMA est un des journalistes les mieux informés et aussi l'un des plus discrets. Philippe ROLLANDIN s'est révélé un observateur particulièrement avisé des principales réformes qu'il a analysées pour le grand public dans un livre remarqué [15]. Jean Michel BEZAT est devenu à la suite de Joanine ROY puis de Jean-Yves NAU un des titulaires de la rubrique médico-sociale du MONDE tandis que, son ancien collègue du Quotidien du Médecin, Francis PECRESSE a adopté un parcours semblable à la Tribune de l'Economie.
Robert TOUBON, frère de l'ancien Ministre de la Culture, fut rédacteur en chef du Quotidien du Médecin dans les premières années. Bruno KELLER lui succéda avec succès et talent mais décida de quitter le journal après une très longue collaboration en invoquant la clause de conscience. Il trouva refuge à Panorama où son talent était connu et apprécié. Catherine LE BORGNE fut une des premières femmes journaliste médicale. Elle fut aussi la première à faire comprendre aux lecteurs de Panorama les raisons de notre départ de la FMF et notre option pour des conventions séparées. Je devrais citer aussi Pierre Yves. POINDRON, Philippe BERREBI, Céline ROUDEN, FICHEUX, CHRISTOFARI, et tant d'autres - je ne peux pas les citer tous et je le regrette - avec lesquels nous avons entretenu des relations professionnelles toujours cordiales et enrichissantes. Un mot encore pour la fidèle et constante Béatrice TAUPIN dont les papiers du FIGARO sont des modèles d'objectivité et de précision.
J'ai aussi connu des journalistes susceptibles qu'une remarque ou le signalement d'une erreur, m'a valu quelquefois un rectificatif suivi le plus souvent d'une exclusion définitive de leur carnet d'adresses.
J'ai aussi connu naguère des journalistes qui avouaient franchement leur ignorance du sujet traité et qui préféraient que je leur dicte leur article plutôt que de prendre des notes. Ces cas ont pratiquement disparu depuis que la compétition est devenue très vive entre eux et que le niveau de recrutement s'est sensiblement élevé.
La ligne éditoriale
L'influence de la presse n'est plus à démontrer. Dans tous les secteurs d'activité, elle rassemble les informations mises en forme par ses journalistes pour impulser des propositions qui vont créer un mouvement d'opinion dans une direction déterminée. Il n'y a pas de presse totalement neutre et indépendante, au moment où on observe un profond et rapide changement de société. Il en va de même, peut-être à un moindre degré, pour la presse professionnelle, parce que les sujets sont moins politiques et plus techniques.
Il n'empêche qu'un journal professionnel, tout en tenant compte de son lectorat et de ses soutiens financiers, est capable de défendre ou de combattre une réforme si son état-major en décide ainsi. Nous en avons l'expérience dans deux grandes circonstances précises, la Départementalisation hospitalière et la Convention séparée de spécialistes de 1997, sujets évoqués à plusieurs reprises dans cet ouvrage.
Or, il n'y a pas toujours adéquation entre la ligne éditoriale du journal "employeur" et l'opinion du journaliste "pigiste". D'où parfois des drames de conscience chez ce dernier lorsqu'il a une opinion personnelle qui ne coïncide pas nécessairement avec le fond tel que le journal l'exprime ouvertement ou le suggère. Sans pour autant modifier sensiblement le contenu d'un article, une mise en page appropriée, le choix d'un titre ou d'un simple sous-titre suffit à ramener dans la ligne éditoriale un texte qui paraissait s'en écarter...Longtemps après, nous avons reçu quelques confidences qui nous ont éclairé sur certains départs de journalistes.
La tâche d'un rédacteur en chef exige parfois de grandes qualités diplomatiques et impose des choix sémantiques subtils pour concilier des exigences contradictoires....Combien de fois n'avons-nous pas entendu, en guise d'excuse, l'auteur d'un excellent article nous dire: "Vous savez, je ne suis pas responsable du titre (ou de la manchette)" ou encore "j'ai du écourter, faute de place..." !!
La presse grand public
L'intérêt de plus en plus soutenu du public pour tout ce qui touche de près ou de loin la prévention, les maladies, les nouvelles techniques, les incidences économiques du consumérisme médical, a conduit au développement de rubriques spécialisées dans toute la grande presse quotidienne ou périodique de grande diffusion. Les articles de vulgarisation sont écrits par des journalistes eux aussi spécialisés, médecins, économistes, juristes etc,.dont le grand public est la "cible" principale mais aussi, une partie non négligeable de professionnels eux-mêmes.
Chaque grand titre s'est assuré du concours régulier de plumes célèbres comme Mme ESCOFFIER-LAMBIOTTE qui était médecin et qui siégeait par ailleurs dans certaines instances comme la Commission des Comptes de la Santé. Elle précéda au Monde Jean Yves NAU déjà cité, médecin lui aussi, dont les articles font autorité. Dans le domaine médico-économique, un certain nombre de jeunes journalistes se sont spécialisés en quelques années. Ils (et elles) ont ainsi familiarisé leurs publics respectifs avec les différents aspects techniques et financiers d'un système de protection sociale complexe manifestement à bout de souffle.
Les Agences de Presse
Avant l'explosion mondiale d' INTERNET, nous ne connaissions que 2 Agences : l'A.F.P. qui fut longtemps la seule pour notre secteur professionnel et qui nous ignorait superbement... Cependant, dans les dernières années et devant l'importance croissante des questions médico-sociales, une section spécialisée fut créée au sein de l'AFP. Mais en raison du changement rapide des responsables de notre secteur professionnel, nous n'avons eu avec l'AFP, qu'un seul contact suivi avec une journaliste affectée aux péripéties de la Convention 1997 de spécialistes.
L'autre Agence, l'APM, modeste concurrente de l' A.F.P., fondée par Melle ZEMOR nous a donné par contre pleine satisfaction grâce à l'attention que portait M. GUIHENEUF à nos informations qu'il a contribué à diffuser à un moment critique, lorsque toute la profession était déchaînée contre l'UCCSF. Je tiens à rendre ici, un hommage public à sa courtoisie, à sa compétence et à son souci d'exactitude.
Une mention particulière à Corinne DUHAMEL dont la compétence s'est enrichie au fil d'un parcours professionnel complet et dont la gentillesse et l'efficacité sont soulignées par tous ses interlocuteurs.
Nos réflexions
Nos rapports avec les journalistes professionnels nous ont beaucoup appris sur certains aspects de leur rôle souvent méconnus du corps médical.
Si les médecins se plaignent de la pénibilité de leur métier, que dire de celle des journalistes professionnels qui sont envoyés par leur rédaction ou convoqués à n'importe quel moment par un ministre pour une conférence de presse inopinée ? Obligés parfois de rester debout dans une salle comble, naguère copieusement enfumée, de prendre des notes dans des conditions acrobatiques, de saisir et de traduire l'essentiel d'un message officiel pour dicter à la volée au téléphone un papier qui doit paraître dans les heures qui suivent, les journalistes sont soumis à un rythme de travail épuisant pour une rémunération bien modeste. Aussi, le buffet qui clôt parfois - mais pas toujours - les propos du ministre, est toujours très apprécié...
Dans cette profession aussi et en dépit des marques d'une camaraderie affichée, une concurrence parfois aigue règne entre journalistes porteurs, parfois malgré eux, des valeurs ou des orientations de la publication qu'ils sont censés représenter.
Les responsables syndicaux ont toujours une certaine réserve vis à vis des journalistes dont ils chercheront fébrilement le lendemain la traduction imprimée des propos qu'ils auront tenus. De son côté, le journaliste redoute le rectificatif ou le démenti réclamé parfois avec véhémence par téléphone tantôt à lui ou elle, ou au pire à son rédacteur en chef….
Enfin, s'agissant de leurs revenus disponibles, certains chirurgiens tiennent parfois devant des journalistes des propos qui non seulement les laissent perplexes, mais encore provoquent l'effet inverse de celui recherché...!
Comparaison n'est pas raison.
 
Le rôle socio-politique des medias
Vers la " médiacratie "
Dans les régimes démocratiques, chaque voix compte, chaque individu est l'égal d'un autre. Et chaque citoyen entend participer à son niveau à l'action politique.
Or, l'opinion du citoyen est soumise d'abord aux médias. Ce sont les médias en effet qui permettent aux hommes politiques d'établir le lien indispensable avec chaque individu, qui est simultanément lecteur, auditeur, télespectateur et finalement électeur. Les médias apparaissent ainsi comme un élément irremplaçable de la démocratie dont il est un des rouages. Mais aujourd'hui, cette notion est fortement influencée par l'évolution des médias. La démocratie représentative avec ses hommes politiques élus au suffrage universel est bouleversée. Ce processus achemine la démocratie vers un nouveau stade : la "médiacratie".
On pourrait définir la médiacratie comme une sorte de régulation politique par l'opinion publique, relayée dans les deux sens par les médias. Il faudra donc tenir compte dans l'avenir de ce nouveau phénomène et de ses multiples conséquences.
Les médias, un lien social
Les médias constituent, par leur existence même un nouveau principe organisateur de la vie sociale. Notre société devient ce qu'en font les médias. Ces derniers sont en train d'accéder au rang de principe organisateur de la réalité sociale. La poussée médiatique change les différents domaines de l'activité humaine. Il est admis que les médias font oeuvre de socialisation. Ils inculquent les valeurs de la société, légitiment l'ordre établi, signalent les réformes, rapprochent les gouvernants et les gouvernés. Dans une société qui se développe par crises successives (crises de l'école, de la police, de la justice, des banlieues, etc...), l'information joue un rôle d'intermédiaire. L'information est un espace public, un repère démocratique.
Les nouveaux outils et services relevant du domaine de l'information présentent une grande facilité d'accès, offrant ainsi de nouvelles possibilités d'uniformisation de la société. La société d'information, au sein de laquelle les médias sont omniprésents a le pouvoir d'accroître l'efficacité de l'organisation sociale, de renforcer la cohésion de la société : elle est le défi social du nouveau siècle.
Les médias à la recherche de la vérité.
Du fait de leur influence sur l'opinion, les médias sont devenus en quelque sorte les vecteurs d'une vérité latente ou volontairement masquée. Le journaliste est devenu un enquêteur indépendant à la recherche d'éléments matériels susceptibles de révéler au grand jour un élément ignoré du public, ou quelques turpitudes dont se seraient rendus coupables des personnalités en vue. Découvrir un trafic ou révéler les dessous d'une affaire sordide peut aider la justice, démasquer une imposture ou rétablir un fait historique
Quel que soit le but qu'il poursuit, simple curiosité, vengeance personnelle, intention politique, ou tout simplement sursaut moralisateur, le journaliste doit fournir les preuves irrécusables de ce qu'il avance. S'il se trompe, même de bonne foi, il devra assumer jusqu'au bout toutes les conséquences de son erreur. S'il a contribué à éclaircir définitivement une affaire obscure, il aura contribué à la manifestation de la vérité. De toute façon, la vérité éclate presque toujours, quelque fois très tardivement, même à titre posthume.
 
Nos relations avec le monde politique
Sans nous mêler de politique, nous avons constamment cotoyé, depuis 1970 avec le COLLEGE, depuis 1973 avec le COLLEGE et la FNEP, et depuis 1992 au nom de l'UCCSF tous ceux qui à un titre ou un autre pouvaient nous aider.
Nous avons approché de nombreux parlementaires, tous les ministres sans exception [16], de nombreux Présidents de Commissions tant à l'Assemblée qu'au Sénat. On peut dire que nous avons acquis en plus de 40 ans, une certaine connaissance des hauts lieux de la République et des personnages qui les occupent. Outre les ministères de tutelles, nous avons poussé plusieurs fois la porte de l'Elysée. Nous nous sommes chaque fois beaucoup instruits.
Nous avons toujours redouté chaque changement politique important avec la nomination d'un nouveau ministre. L'expérience nous a montré qu'il faut au moins six mois à un nouveau cabinet ministériel pour faire le tour des principaux dossiers, donc plusieurs mois de perdus.
Une exception toutefois, lorsque le nouveau ministre a déjà détenu dans le passé le même portefeuille. Nous avons eu cette chance à deux reprises avec Mme Simone VEIL, puis avec M. Jacques BARROT et à trois reprises avec M. Bernard KOUCHNER. Dans ces cas, les nouveaux ministres s'entourent d'un ou plusieurs de leurs anciens conseillers qui entre temps étaient souvent retournés dans leur Corps d'origine, tout en suivant les dossiers dont ils ont eu la charge.
Ainsi, les principaux sujets de discussion sont restés les mêmes, même si la situation s'est dégradée, mais le climat de confiance créé autrefois se retrouve parfois quelques années plus tard. Malgré tout, il n'y a jamais de symétrie parfaite à plusieurs années d'intervalle.
Le rendez-vous
Il est rare d'obtenir rapidement un rendez-vous. On pourrait dire que plus le personnage est important, plus l'attente sera longue. Mais il existe des dérogations, surtout si cette entrevue est recommandée par un proche. Le simple fait d'avoir obtenu un entretien constitue déjà une sorte de reconnaissance implicite. Il est toujours possible d'en négocier la date et l'heure avec le secrétariat particulier du ministre, mais il ne faut pas en abuser. Lors qu'on vient souvent, on finit par connaître les huissiers et on obtient quelques bribes de renseignement comme par exemple le degré de retard d'un ministre sur l'horaire prévu. Certains ministres sont ponctuels, d'autres beaucoup moins.
L'audience
Une règle qui ne souffre aucune dérogation : il n'est pas question de se présenter seul à un rendez-vous à ce niveau. La présence d'un témoin - même muet - est une précaution élémentaire mais indispensable.
Une courte note de synthèse doit toujours être remise à l'issue de l'entretien. Elle sera ultérieurement analysée par les Conseillers et les services techniques.
Il est utile et prudent d'obtenir en prenant congé, au moins une promesse concernant le suivi de l'objet de l'entrevue...
Les questions écrites, voire orales
Nous avons largement usé de ce procédé qui permet, par la voie du Journal Officiel, d'obtenir une réponse précise sur un sujet déterminé et sur les intentions du Ministre auquel elle s'adresse. Certains parlementaires, par timidité ou par calcul, n'acceptent pas toujours de poser la question qui leur a été soumise. D'autres, au contraire, sont très heureux de sortir de l'anonymat et de manifester ainsi leur intérêt pour un sujet technique qui n'est pas forcément celui de leur compétence. Enfin, plusieurs parlementaires, ayant pris fait et cause pour le sujet qui leur est soumis, s'empressent de répondre favorablement à notre demande et même se proposent, selon la réponse ministérielle, de la faire préciser par une nouvelle question, voire par une question orale sans débat, qui aura peut-être la chance d'être télévisée.
Cette correspondance exige un travail de secrétariat important, mais certaines réponses que nous avons pu obtenir ont permis de faire avancer un dossier urgent, surtout lorsqu'il a été, spontanément ou par nos soins, relayé par les journaux professionnels.
Les campagnes présidentielles
Selon la coutume, nous n'avons jamais manqué d'interroger sur leurs programmes les partis politiques présentant des candidats. Les réponses ne nous ont jamais parues déterminantes. Rédigées par les conseillers techniques désignés pour accomplir cette tâche ingrate, nous nous sommes aperçus que nos objectifs, Conventions séparées, Conférence médicale d'établissement notamment, étaient perçus avec un certain intérêt et qu'en tous cas, nos questions avaient été bien lues avec attention.
Mais, le souci dominant et unanime des partis politiques portait sur l'accroissement irrésistible des dépenses de santé... Rien de bien nouveau !
Toutes les questions posées et les réponses reçues ont toujours été intégralement publiées toutes les fois que nous en avions la possibilité. [17]
 
1.
Je ne cite pas son nom eu égard à sa modestie. Elle se reconnaitra si elle tombe sur ces lignes. 
2.
Cet article concerne surtout la presse médicale quotidienne ou périodique non scientifique, bien que progressivement la presse technique (comme la Presse Médicale ou le Concours Médical par exemple), se soit étendue à son tour aux informations professionnelles. 
3.
TONUS fut le premier journal médical. Créé en 1969 par les laboratoires WINTHROP, il était adressé à l'origine gratuitement pour diffuser leurs produits auprès du corps médical. Très vite, il devint attractif par les nouvelles professionnelles colligées et condensées par une équipe de journalistes qui firent école. Le second fut le QUOTIDIEN du MEDECIN en 1971 de Philippe et de Marie-Claude TESSON -MILLET qui tiennent toujours la première place 35 ans plus tard. 
4.
L'industrie pharmaceutique, soutien traditionnel des publications médicales, a été contrainte de le réduire progressivement du fait des mesures réglementaires frappant le prix des médicaments remboursés par l'assurance-maladie. Cette perte de recettes publicitaires a entrainé une réduction importante de la pagination de certaines publications et même la disparition de plusieurs titres. 
5.
Le journalisme médical commence à attirer quelques médecins. 
6.
Les journaux n'observent pas tous cette courtoisie. 
7.
Un important chapitre est consacré à la pléthore médicale induite par la politique irresponsables d'une Organisation syndicale relayée par une presse qui a eu une influence déterminante sur le choix des carrières dans certaines familles. 
8.
Il faut distinguer la presse écrite qui laisse une trace indélébile, de la presse radiophonique ou télévisée qui n'en laisse pratiquement aucune, mais qui peuvent conditionner l'opinion d'une façon encore plus efficace puisque le son ou l'image n'exigent aucun effort personnel, à l'inverse de la lecture. 
9.
Cette page a été publiée dans les Cahiers de Chirurgie n° 16 - 4/1975, p. 39 
10.
Dans les années fastes, les revues médicales et certains titres quotidiens pouvaient être diffusés largement et gratuitement, grâce à une abondante publicité pharmaceutique, donnant ainsi de très mauvaises habitudes aux destinataires. 
11.
Cahiers de Chirurgie n° 29 - 1/ 1979 
12.
Pierre DESGRAUPES a reconnu (11 novembre 1978 Antenne 2 émission de Philippe BOUVARD)

que dans les semaines qui suivaient une émission, on constatait habituellement une augmentation sensible du nombre des consultations dans la discipline en cause.

que ces consultants étaient soit des anxieux, soit des malades à un stade de début et dans ce cas l'émission avait joué son rôle de prévention et de dépistage

que l'hostilité d'une partie du corps médical à ces émissions pouvait s'expliquer par le fait qu'il s'agissait de "médecins qui n'étaient pas encore passés à l'antenne"...

que ces émissions étaient dépourvues de toute arrière pensée lucrative puisqu' il s'agissait "de médecins - hospitalo-universitaires à plein-temps"...

Il n'existe donc pas de contradiction entre cette remarque et la proposition n° 3 du Collège National des Chirurgiens Français 
13.
Certains syndicats ont cru bon de s'offrir les services d'un attaché de presse. Ils y ont pratiquement tous renoncés parce que leur efficacité n'était pas en rapport avec leur coût. 
14.
PROFILS médico-sociaux vient de reparaître en 2000 après une assez longue éclipse. 
15.
Santé volée, une faillite sur ordonnance, par Philippe AUSTRUY et Philippe ROLLANDIN, Le Cherche Midi éd. 1999, 264 p. 
16.
Sauf le Dr Léon SCHWARZENBERG en raison de la brièveté de son passage dans le Gouvernement ROCARD 
17.
Voir par exemple in Cahiers de Chirurgie n° 85-1/1993, p. 34-46