Le successeur d'Yves LE COUTOUR à la tête de la Fédération Intersyndicale des Etablissements de l'Hospitalisation Privée (FIEHP) se montra, à titre personnel, un partenaire courtois mais aussi, sur plan syndical, un adversaire déterminé de la création de la Conférence Médicale d'Etablissement (C.M.E.) dont le principe était initié et soutenu par le Collège National des Chirurgiens Français et par la Fédération Nationale des Praticiens des Ets Privés (F.N.E.P.).
En sa qualité de représentant fédéral des gestionnaires des cliniques privées – dont beaucoup étaient encore porteurs de parts sociales parfois symboliques – Louis SERFATY s'était érigé comme le véritable "protecteur" des praticiens exerçant dans les cliniques en qualité d'utilisateurs de leurs installations et de leurs plateaux techniques lourds.
Il entendait ainsi préserver tout ce qui, dans son esprit, aurait pu permettre au corps médical de participer à la gestion de l'établissement et donc limiter l'autorité de tout gestionnaire. Resté obstinément sourd à nos arguments, le Président SERFATY s'est opposé avec éclat à la C.M.E., nouvelle structure élaborée par nous, et que la loi EVIN du 31 juillet 1991 avait introduite avec l'art. L. 715-12.
N'ayant pas réussi à empêcher son adoption, cet article fut privé de l'annonce de tout texte d'application….! Ainsi, ce ne serait pas la première fois qu'une disposition législative serait paralysée, faute de décret ultérieur.
Louis SERFATY s'était assuré du soutien de nos rivaux traditionnels, mobilisables dès lors qu'il s'agissait de combattre une initiative venue du COLLEGE !
C'était sans compter sur notre détermination, puisque, pour une fois, la Haute Administration soutenait cette structure organique nouvelle qui s'est avérée par la suite extrêmement féconde lorsque toutes les "transversalités" firent progressivement leur apparition.
Je dois à la vérité de rappeler que Louis SERFATY a reconnu loyalement et publiquement, mais bien plus tard, son erreur d'appréciation .
En terminant cet épisode de sa vie professionnelle, Louis SERFATY a, dans un livre de souvenirs de 260 pages [1]  commis, à mon avis, un oubli impardonnable en omettant de citer le nom d'Arnaud BRUNET, qui fut le véritable inventeur des cliniques conventionnées et en fixa les principales règles.
1.
Louis SERFATY, une passion, 3 métiers, éd. Fluo Paris Nov.2003