Appelé tour à tour Hôpital communal, puis clinique Général Leclerc, et enfin, Centre Hospitalier de Neuilly, cet établissement s'est associé récemment à l'Hôpital Kilford pour devenir le Centre Hospitalier de Neuilly-Courbevoie.
Hôpital de NeuillyJe fus successivement pendant 20 ans attaché de chirurgie générale, d'urologie, de chirurgie traumatologique. puis, après un concours[1] que j'attendais depuis 1955, je fus nommé en 1970 assistant à temps-partiel, titre qui ne changea rien à mes activités hospitalières. Avec mes collègues Maurice GAHINET, notre aîné, Jean Pierre AUBERT et Jean TERQUEM, nous assurions - bénévolement - la totalité des gardes et astreintes d'un établissement public qui, du fait de la notoriété du chef de service, le Professeur Jean BARCAT, avait une excellente réputation et par conséquent, une importante activité d'hôpital général.
Avec notre Maître le Professeur agrégé Jean BARCAT qui était un des meilleurs représentants de l'école française de chirurgie pédiatrique, nous avons suivi pendant plusieurs années, les lundis de la Clinique chirurgicale des Enfants Malades, animés par le Professeur Jacques LEVEUF, puis par le Professeur Marcel FEVRE, assisté de Jean JUDET, de Denys PELLERIN, des neuro-chirurgiens Marc KLEIN, de Mme BALKANY, chirurgiens-assistants que j'avais connus autrefois à la Pitié, encore occupée par les Allemands, étant externe chez mon maître le Pr. Clovis VINCENT.
Au départ de Jean BARCAT retourné à l'A.P. de Paris, et après un intérim assuré par Maurice GAHINET, le service de chirurgie de NEUILLY fut dirigé par le Dr. GOZLAND, premier rapatrié prioritaire de CONSTANTINE à la suite des accords d'EVIAN d'avril 1962. A son départ, on me proposa de prendre la chefferie du service à condition de devenir plein-temps. Pour différentes raisons, je préférais demeurer PH. temps partiel, dénomination nouvelle sous laquelle je poursuivis jusqu'à la fin ma carrière hospitalière lorsque j'eus atteint ma 65ème année, en décembre 1985. A cette date, le Professeur Jean-Louis FONTAINE avait rendu au service de chirurgie une impulsion nouvelle avec l'introduction d'une chirurgie vasculaire moderne en plein essor. Par la suite, avec mon ami Pierre DUPOUX nous avons assuré une continuité chirurgicale en attendant nos successeurs.
La nuit du 23 au 24 Octobre 1985, ma date anniversaire, on ne me fit grâce d'aucune faveur particulière puisque j'assurais la garde et, de surcroît, je reçus deux grosses urgences juste achevées au petit matin...!
Je rappelle que la charge de travail hospitalière est devenue de plus en plus lourde, non pas tant du fait de l'âge qu'en raison du niveau de plus en plus faible des compétences des internes parisiens affectés dans le service. Les 5 à 10 dernières années, je me souviens que, comme mes trois collègues, nous nous déplacions, de jour comme de nuit, pour une simple fracture du poignet ou une banale luxation de l'épaule que nous ne pouvions plus, comme autrefois, après entente téléphonique, confier aux internes d'alors plus instruits et plus expérimentés, les cas dont nous savions qu'ils seraient capables de traiter correctement.
Sur la fin, nous avions retrouvé nos lointaines fonctions d'internes, appelés à tout instant pour des cas graves comme pour ceux relevant de la simple routine. Nous avions, sans le savoir ni le vouloir, devancé de 25 ans les conclusions du rapport STEG conseillant de placer toujours un senior aux urgences, "vitrine de l'hôpital".
En terminant, je considère qu'à partir du moment où au cours de notre vie hospitalière, à n'importe quel moment du nycthémère, on nous a confié toute la responsabilité d'un service, c'était un honneur en quelque sorte d'assumer pleinement cette responsabilité, notamment en garde. Il n'était pas question d'être rémunéré pour ce travail supplémentaire, dès lors que nous avions la possibilité de nous entendre entre nous pour récupérer le temps de travail consacré aux urgences, ni d'être indemnisé, comme on dit aujourd'hui, pour la pénibilité propre à la garde. Notre devoir de médecin comportait, selon la conception de notre génération, l'obligation morale de porter secours au patient en difficulté sur la base de la rémunération statutaire du travail diurne qui, dans notre esprit, englobait aussi le travail nocturne[2].
Telle n'était plus la conception de la génération suivante, estimant que le travail de nuit, distinct du travail de jour, devait être rémunéré d'une façon indépendante, venant en supplément du salaire diurne, quelles que soient les modalités de la base de calcul (horaire, forfaitaire, en astreinte à domicile ou après déplacement à l'hôpital, etc...).
Ce sont les anesthésistes qui ont été les plus déterminés dans la conquête de ce nouveau "droit social", sujet que nous développerons plus loin.
Quelle différence avec les hospitaliers plein-temps d'aujourd'hui qui ont peine à croire que nous ne comptions ni notre peine, ni le temps passé, ni surtout notre bénévolat des gardes, que nous considérions comme un travail indissociable de notre activité statutaire normale !
1.
Ce concours comportait comme autrefois des épreuves écrites (anatomie et pathologie chirurgicale), deux épreuves de malades, une épreuve de titres et travaux, et une épreuve de médecine opératoire subie à l'amphithéâtre d'anatomie des hôpitaux de Paris. A 50 ans, j'eus la fierté d'être nommé major sur 8 concurrents. Ce succès ne changeait rien à mes activités antérieures. Mais ce changement de statut confortait ma position en améliorant sensiblement ma rémunération... ! 
2.
C'est bien ainsi que le législateur avait conçu la Réforme DEBRE puisque le niveau des émoluments des praticiens, un des plus élevés de la fonction publique, tenait compte dès 1960 du caractère spécifique de cette profession assortie d'obligations diverses dont l'activité de garde.