Instituée le 4 ventose an X (23 février 1802), la prestigieuse école de formation médicale sera supprimée par un certain art.17 du projet de loi dit de "modernisation sociale" adopté par le Conseil des ministres le mercredi 24 mai 2000 et qui devrait venir enfin devant le Parlement à la session de printemps 2001 après plusieurs reports.
"Sélection d'une élite" pour le Pr. Jacques ROLAND, président de la Conférence des Doyens de Faculté de médecine [1]. "Progrès pour l'exercice de la médecine générale" pour le Pr. Michel DUTILLEUX, conseiller national de l'Ordre [2]  confirmé par 83% de généralistes. [3]
Consternation et colère du Pr. Alain HAERTIG, président de l'Association des anciens internes des hôpitaux de Paris et animateur avec Philippe DENORMANDIE de la fameuse grève du printemps 1983 qui avait déstabilisé le Gouvernement MAUROY. Mais il ajoute "ne nous trompons pas de réforme : il ne faut pas sauver un internat issu de la réforme de 1984 qui s'est avérée être un échec" [4].
Deux ans plus tôt, on pouvait déjà lire dans la "Lettre de l'Internat (SIHP)" [5], sous la signature d'un groupe de travail national [6], la réflexion désabusée suivante : " Nous pensons que l'Internat est probablement mort en 1958 ".
Il est vrai que l'inflation des postes et le taux de plus en plus élevé de réussite avaient, au fil des années, considérablement dévalué l'éclat du titre toujours conservé et son contenu.
Or, après "l'externat pour tous" (1968) c'est à dire pour personne, "l'internat pour tous" deviendrait un simple examen classant et validant le 2ème cycle.
D'autre part, au moment où l'Europe se construit, on semble avoir, peut-être involontairement, mis fin à une ambiguïté bien française : l'interne était et reste un étudiant non thésé et non un médecin en voie de formation de spécialiste. Seul, le titre « d'interne des hôpitaux » peut encore faire illusion en raison du passé.
Cet aspect pourtant capital de l'harmonisation européenne des formations et des diplômes ne semble pas avoir été évoqué ni par les partisans ni par les adversaires de cette réforme qui n'ont retenu que son aspect émotionnel et symbolique.
1.
Quotidien du Médecin, n° 6903 du 23 avril 2001 
2.
Bulletin de l'Ordre - avril 2001, p.7 
3.
Sondage IPSOS.- Quotidien du Médecin n° 6841 du 24 jan 2001 
4.
Internat de Paris, n° spécial Juin 2000, p.4 
5.
n° 32, Janv. Fév. Mars 1998, p.5 
6.
Le groupe de travail comprenait Frédéric CHAPELLE (Lille), Marie-Paule CHAUVEHEID (Paris), Frédéric HAMEURY (Poitiers), Jean Charles ODIN (Nice), Raphaël ROUSSEAU (Paris), Jean Charles SORIA (Paris).