Le développement de l'établissement public ou privé où sont dispensés les soins médicaux à la population se confond avec le siècle qui vient de s'achever.
Six dates importantes jalonnent les principales étapes de son évolution
  • la loi de 1930 créant les assurances sociales

  • la loi de 1941 et le RAP du 17 avril 1943 ouvrant l'hôpital aux assurés sociaux

  • les Ordonnances de 1958 créant le plein-temps et supprimant la dualité Hôpital - Faculté

  • la loi BOULIN du 31 décembre 1970 portant réforme hospitalière

  • la loi EVIN du 31 juillet 1991 qui actualise et complète la précédente

  • les trois Ordonnances JUPPE du 24 avril 1996

A travers ces réformes, on mesure la place et le rôle de plus en plus importants tenus par l'hôpital dans la société contemporaine, son poids économique croissant dans le budget social du pays et les difficultés de son adaptation aux progrès techniques à la fois rapides et coûteux de la médecine moderne.
Ayant eu le privilège comme représentant syndical [1]  d'observer - et même de participer bien modestement - à l'élaboration et parfois à l'application de ces différentes réformes, je me bornerai à quelques réflexions personnelles.
La place de l'hôpital public.
Vers le milieu du XXème siècle, deux conceptions s'affrontaient déjà :
  • l'une dirigiste : l'hôpital public devait avoir le monopole des soins, de l'enseignement et de la recherche. Une large partie de la haute administration soutenait la réforme DEBRE dans cette optique.

  • l'autre d'inspiration plus libérale : l'hôpital public n'assure que les tâches très spécialisées que le secteur privé ne peut assumer (expérimentation, recherches, mise au point des techniques nouvelles avant leur vulgarisation)

La loi BOULIN de 1970 permettait théoriquement de choisir une voie intermédiaire en associant le secteur privé au service public hospitalier. Mais, l'hôpital public n'était ni destiné exclusivement à offrir des carrières à un corps médical légitimement soucieux de ses intérêts, ni à devenir un foyer de revendications ou de fermentation idéologique

Il est avant tout au service de la collectivité pour lui apporter les meilleurs soins au meilleur coût. Pour l'assurance-maladie [2], l'hôpital public ne peut avoir qu'une mission: être une entreprise de soins, les autres missions (enseignement, recherche, hébergement social) quelle que soit leur importance propre, n'ont qu'une finalité seconde pour les organismes d'assurance.

S'agissant de la Réforme hospitalo-universitaire, M. Gabriel PALLEZ, le regretté directeur général de l'A.P. de Paris, estimant que la pénétration de l'université dans l'hôpital était de plus en plus difficile à concilier avec les impératifs de restrictions des dépenses hospitalières, n'hésita pas à déclarer lors des 8èmes Assises nationales de l'hospitalisation publique de 1980 "les universitaires coûtent cher à l'hôpital...!" [3]

 

1.
Voir en annexe 1 les différentes fonctions syndicales que j'ai représentées dans certaines instances officielles. 
2.
Rapport de la CNAMTS - 4 octobre 1972 
3.
in Panorama du Médecin n° 900 - jeudi 17 janvier 1980, propos rapportés par Catherine DENIS.