Dès le Moyen-Age, sous l'influence d'un sentiment religieux inspiré par plusieurs congrégations, des maisons de charité s'ouvrirent aux indigents, aux infirmes, aux malades, aux lépreux, aux orphelins, selon les besoins et les opportunités locales. Le premier Hôtel Dieu de Paris remonterait au VIIème siècle. Ces établissements étaient placés sous l'autorité de l'Eglise, et financés le plus souvent par des dons ou des legs. Une amende payée par les juifs servit à construire un pont d'accès à l'Hôtel Dieu de Paris. Par la suite, un édit royal institua un droit aux pauvres que chacun devait acquitter [1]. Les soins étaient assurés par des religieuses, des moines et parfois par des médecins le plus souvent bénévoles.
Jusqu'au XVIIème siècle, l'hôpital n'était qu'un centre d'hébergement proche de l'incarcération pour les indigents ou les filles publiques ramassées par les archers du guet.
La Révolution laïcise certains hôpitaux. Une organisation administrative induite par la chirurgie militaire et un lieu de formation sont ébauchés sous le Consulat et l'Empire avec la création de l'Internat le 23 février 1802.
Mais il faudra attendre la loi du 21 décembre 1941 et son Règlement d'Administration Publique du 17 avril 1943 déjà évoqué pour que s'établisse un lien statutaire entre le corps médical et l'Hôpital public qui s'ouvre à la population et notamment aux assurés sociaux depuis les lois de 1930.
L'activité médicale du médecin rémunérée par l'hôpital, longtemps considérée comme le prolongement de son activité libérale, a été sur le plan fiscal finalement assimilée à un salaire par l'important arrêt du Conseil d'Etat [2]. Deux arrêts de Cour de Cassation [3]  confirment le lien de subordination du médecin hospitalier à son employeur (administration centrale, départementale ou communale) et sa qualité d'agent d'un service public comportant par conséquent son affiliation à la Sécurité Sociale, obstinément refusée par un des Syndicats de médecins hospitaliers...
En matière de responsabilité, le Tribunal des conflits a confirmé le 25 mars 1957 que les rapports entre l'hôpital public et son corps médical relevaient du droit public et qu'en cas d'actions en responsabilité à l'encontre des médecins, seule la juridiction administrative était compétente. Le médecin reste toutefois indépendant de son administration dans l'exercice de son art jusqu'à la loi du 3 janvier 1984 où le médecin hospitalier est définitivement placé sous l'autorité administrative du chef d'établissement "dans le respect de la déontologie médicale", seule concession obtenue par le Pr Raymond VILLEY, alors Président de l'Ordre des Médecins lors de la discussion du projet de loi devant le Sénat [4]. Ce texte consacre l'autorité de la Fédération Hospitalière de France.
1.
Journal de la Mutualité parisienne (54 ème année. n° 426, Fév.1991) 
2.
7 janvier 1956 (7ème s/section du contentieux) 
3.
4 mars et 15 juillet 1959 
4.
Le directeur exerce son autorité sur l'ensemble des personnels dans le respect de la déontologie médicale, des responsabilités qu'elle comporte pour l'administration des soins et de l'indépendance professionnelle du praticien dans l'exercice de son art " Art.7, alinéa 2 de la loi n°84-5 du 3 janv.1984 (J.O. 4 janv.1984)