L'indulgente appellation de "petits sauvageons" employée par un ministre en exercice [1]  a été vite remplacée par celle de "voyous" par une opinion publique indignée par l'extension des méfaits engendrés par une classe d'âge de plus en plus jeune dans une quasi-impunité.
Selon Jean Paul GOUREVITCH, "Tout commence au ticket de bus : celui qui sait à six ans qu'on peut frauder sans risque dans les transports en commun, n'est plus réceptif à l'éducation civique. A treize ans, encagoulé et armé, il se fondra avec sa bande dans la périphérie des colères étudiantes, à l'affût d'une dépouille ou d'un « casse ». En abandonnant la maîtrise des espaces, on ouvre le champ aux atteintes contre les personnes et les matériels. L'acceptation d'une fraude généralisée - de 10 à 42% de moyenne sur les transports de surface selon les propres statistiques de la RATP - légitime le vandalisme, deuxième étape sur le chemin qui va de la petite resquille à la grande délinquance"[2]
On peut même se demander si l'origine de cette dérive ne remonte pas au laxisme de certaines méthodes éducatives : en renonçant par exemple aux dictées et en abandonnant le respect de l'orthographe dès les petites classes, on a créé un climat propice à toutes les licences, "à tous les espaces de non - droit ouverts par le désengagement de l'Etat".
En fait, tout commence à l'école : "ce n'est pas les sermons, les appels à la raison, les menaces verbales non suivies d'effet qu'un enfant apprend à obéir chez lui ou à l'école, c'est par des punitions et des récompenses systématiques. L'autorité des parents ou des maîtres ne doit jamais être bafouée." [3]
 
1.
Jean-Pierre CHEVENEMENT 
2.
Le Figaro 22 oct. 1998 
3.
La Réforme de l'Ecole - éditions Ch. Corlet