Le « voile » islamique est devenu une affaire d'Etat sous l'influence d'un déferlement médiatique sans précédent, dans un contexte politique et religieux que je n'essaierai pas d'approfondir dans un climat devenu passionnel et hautement explosif.
Je me contenterai de quelques réflexions objectives sur le port du voile par certaines jeunes filles musulmanes.
Certaines portent autour de la tête et du cou un carré de tissu par habitude familiale ou ethnique. D'autres s'en servent comme d'un élément de prosélytisme religieux derrière lequel se profile une tentative de propagande politique. Quelques unes s'en coiffent par bravade contre un interdit dans une école réputée laïque. D'autres enfin le portent tout bonnement par coquetterie.
Mais personne à ma connaissance n'a jamais encore attribué au voile un rôle dans la prophylaxie des infections nosocomiales …
Le voile, toujours blanc celui-là, des infirmières hérité du costume des religieuses a derrière lui une longue histoire médico-hospitalière que plus personne n'évoque puisqu'il a presque complètement disparu. Aujourd'hui, sauf dans les blocs opératoires, on ne voit plus de coiffure réduite d'ailleurs à un élégant petit bonnet blanc avec un galon bleu que dans les films américains ou suisses !
Dans les cliniques et les hôpitaux français, à l'exception des garçons de salle qui portent encore un calot blanc, les infirmières, les aides-soignantes, laissent flotter librement une chevelure parfois abondante au dessus des bassins, des assiettes de nourriture, des pansements etc… On ne remarque même plus cette entorse généralisée à l'hygiène la plus élémentaire à laquelle veillaient les patrons et les surveillantes générales dont le voile devait rester rigoureusement sus-orbitaire, enveloppant hermétiquement toute la chevelure.
Un Antonin GOSSET n'aurait pas toléré un instant qu'un seul cheveu d'une soignante dépassât sous le. voile. Sa panseuse en chef se chargeait, d'un froncement de sourcil, de rétablir l'ordre imposé par "Mr. le Professeur".
Le regretté Raymond VILAIN allait encore plus loin le premier jour de stage de ses internes qu'il passait en revue. Celui qui porterait encore le lendemain une barbe ou une moustache interdites serait impitoyablement chassé de son service de l'hôpital BOUCICAUT.
A cette époque, on ne connaissait pas d'infections nosocomiales dont le nom n'avait pas encore été inventé. Il est vrai qu'on ne pouvait pas incriminer l'abus des antibiotiques puisqu'il ne sont apparus qu'en 1945. 9 ans après les sulfamides [1]  découverts par M. et Mme TREFOUEL entre 1936 et 1939, mais oubliés aujourd'hui.
Alors, le voile, qu'il soit islamique ou laïque, je le voudrais blanc ou de couleur, mais généralisé et hermétique. Je demeure persuadé que le nombre d'infections nosocomiales diminuerait avec l'appoint de toutes les autres précautions d'aujourd'hui dont le lavage des mains au savon de Marseille est trop souvent encore négligé.
 
1.
Le Rubiazol et le Dagénan découverts en 1937 et 1938.