Est-il licite de "faire du profit" ? Non, répondent en coeur les employés de ceux qui se rendent coupables de toutes les contraintes qu'ils font subir à leurs personnels pour améliorer leur productivité, et ainsi accroître les bénéfices de l'entreprise où ils travaillent.
Qu'arrive-t-il lorsqu'il n'y a plus de profit ? L'entreprise disparaît soit en déposant son bilan soit en se délocalisant dans un pays plus accueillant. Dans les deux cas, le chômage apparaît là où le vide s'est installé.
Une seule question se pose alors : quelle est la cause de la disparition du profit ?
  1. la mauvaise gestion du dirigeant de l'entreprise. C'est l'alibi habituellement invoqué par les "décideurs officiels", mais c'est le plus rare.
  2. le poids des charges sociales et de la fiscalité : c'est le cas le plus fréquent. C'est la forme contemporaine et efficace du "symbole du catoblépas" qui se dévore lui-même.
Cherchez le ou les responsables....
Que dire du profit sur la Santé en général ? C'est une abomination, surtout dans le cas d'un chirurgien secteur 2 !
Mais comment qualifier l'avancement d'échelon d'un médecin plein-temps ou de classe d'un gestionnaire d'hôpital ?
 
Le syllogisme à la mode
La reconnaissance individuelle, le rôle social, le progrès scientifique n'ont pas de place dans le syllogisme moderne. A la lecture de la presse écrite, à l'écoute des médias, radio et télévisions conjuguées, l'opinion est depuis longtemps convaincue que :
1°) Le profit est coupable.
Cette proposition est devenue un axiome surtout en matière de santé : il est scandaleux de tirer un profit quelconque de la souffrance humaine qui requiert dévouement, bénévolat et total désintéressement.
2°) Or, le chirurgien tire un profit de son activité.
Tous les signes d'enrichissement prouvent que l'exercice de la chirurgie est très lucrative, qu'elle soit
  • privée (cliniques cossues, vie confortable, voitures et vacances luxueuses),
  • publique (indice des traitements les plus élevés de la fonction publique, honoraires fastueux dans le secteur privé des hospitaliers plein-temps),
  • mixte (cumul des deux activités précédentes et offrant la redoutable possibilité "d'écrémer" les bons cas).
3°) Donc, le chirurgien est coupable.
Il contribue par son enrichissement personnel au déficit de l'assurance-maladie. Il est donc un individu anti-social qui doit être ramené dans le rang collectif, celui d'agent technique d'exécution.
 
Sur la réhabilitation du profit
Vous avez dit "profits" ?
Pendant des décennies, le profit a été considéré comme une tare morale, induisant une culpabilité indélébile, synonyme de malhonnêteté. Cette perversion intellectuelle a conduit les beaux esprits, germano-pratins notamment, qui façonnent l'opinion publique à absoudre par avance le pilleur de banque (avec ou sans prise d'otage), considéré comme une sorte de justicier rejoignant dans la légende un Cartouche, un Mandrin ou un Spaggiari.
L'Etat lui-même s'est acharné sur le contribuable toujours suspect de dissimulation et sur l'entreprise dont la faillite, en l'absence de profit est taxée bien légèrement de mauvaise gestion !
La réhabilitation du profit, seul stimulant efficace pour sortir de la crise, redonner du travail aux chômeurs et répartir une nouvelle prospérité, passe par un changement radical des mentalités des "aventuriers de l'an 2000" suivant le titre de l'ouvrage de Paul Marchelli.
Mais, qu'on ne s'y trompe pas, le profit ne tombe pas du Ciel. Il n'est que la conséquence d'un travail – intellectuel ou manuel – soutenu par l'espoir du profit, récompense finale de l'effort.
Cette notion n'est pas nouvelle : elle invite au retour du fameux "Enrichissez-vous" que GUIZOT et Raymond BARRE [1]  ont tenté de réhabiliter. Mais, il convient de rappeler que la citation complète de GUIZOT était : "par le travail et l'épargne", ce que les paresseux ont systématiquement oublié...
 

 

 

1.
S'adressant aux chomeurs, Raymond BARRE leur a conseillé de « créer leur propre entreprise ».