Lors de sa conférence de presse de rentrée du 27 Septembre 1978[1] le Dr. Pierre BELOT, Président de la FMF, a pris position sur le douloureux sujet de la démographie médicale.
France Medecine BelotIl a d'entrée de jeu situé, dans sa projection, l'accélération anarchique de la démographie médicale. Selon les prévisions statistiques, il a rappelé qu'il est maintenant admis que le nombre des praticiens va augmenter dans des proportions tout à fait inhabituelles pouvant aller jusqu'à leur doublement. En 1988, on atteindrait jusqu'à 200.000 praticiens.
Le Dr. BELOT a déclaré que "La démographie ne doit pas être une arme politique entre les mains de ceux qui, en France, veulent la fin de la médecine libérale au bénéfice de l'institution d'un système parallèle." Ces propos visaient manifestement la politique poursuivie par la CSMF et jalonnée par les déclarations reproduites ci-dessus.
Il faudra donc, dès maintenant, absorber ceux qui, ayant passé le cap de la première année, vont d'année en année, pendant 10 ans, déboucher sur le marché. Cette attitude va résolument à l'encontre de la politique incitant par des moyens appropriés, les étudiants à "faire médecine". Ils devront être, en tout état de cause, soumis à une pré-sélection ou à une sélection, de telle sorte que la pléthore de médecins soit arrêtée puis maîtrisée.
Cette pléthore serait grave car le marché du travail n'est pas extensible puisque les honoraires sont inclus dans une "enveloppe financière" adaptée en principe aux ressources.
La FMF, à l'inverse des autres, n'a cessé de tirer le signal d'alarme depuis des années. Elle n'a pas été entendue. Le Dr. P. BELOT suggère donc un certain nombre de mesures raisonnables s'inscrivant dans un contexte économique et démographique général : "Il faut d'abord accélérer la fermeture du robinet d'apport comme cela a été réalisé pour l'ENA ou Polytechnique". Mais toutes les mesures prises aujourd'hui ne produiront leurs effets que dans 10 ans. Il ne peut donc s'agir que de mesures transitoires.
Au cours de cette conférence de presse le Dr. BELOT a abordé les problèmes ponctuels essentiels à une bonne distribution des soins, notamment en ramenant à sa proportion le problème de l'absenteïsme. Il a souligné les démarches pour faire respecter le calendrier des négociations tarifaires. Il a rejeté les projets de la FNOF aboutissant à diluer l'entité de la médecine libérale. Il a souligné la tentative des URSSAF d'assimiler les praticiens de clinique à des salariés. S'agissant de la démographie, le président de la FMF a conclu sur un souhait :
"Les médecins libéraux doivent rester libres, maîtres et responsables de leur sort dont dépend celui des malades"
et terminé en citant un propos du Pr. J.Ch. SOURNIA, nouveau Directeur Général de la Santé mettant en garde le corps médical contre "la politisation de la médecine devenue un fait nouveau qui jouera un rôle grandissant dans les prochaines années".
 
1.
France-Médecine -Nouvelle série n° 82 -11 Octobre 1978