L'enjeu économique

Les caisses d'assurance maladie estimaient dans les années 1960-1970 que le nombre de médecins prescripteurs menaçait l'équilibre financier du système. Elles n'étaient donc pas hostiles à la réduction des effectifs des généralistes qui étaient - et sont toujours - rendus responsables, par la longueur et le poids de leurs ordonnances notamment, de l'excès de la consommation pharmaceutique de la population et par conséquent d'une partie du déficit croissant des dépenses d'Assurance-maladie.

L’enjeu syndical 

A l'inverse, en annonçant bruyamment et avec persévérance «qu'on allait bientôt manquer de médecins», la CSMF utilisait cet argument démagogique en direction de la population susceptible d'orienter ses enfants vers une profession toujours auréolée d'un statut social jugé encore enviable. Elle pouvait ainsi, non seulement réfuter l'argument du coût des prescriptions, mais encore aux côtés des "décideurs" de l'époque rejoindre la noble cause de la défense de la santé publique et aussi de participer activement à l'élaboration d'une médecine sociale… tout en songeant à son propre recrutement syndical.