Je m'étais fixé depuis mars 1974, pour objectif permanent de toutes mes activités syndicales de réunir dans une même structure d'étude, de coopération et d'action les trois composantes de l'hospitalisation représentées par :
  • les acteurs de soins, spécialistes et personnels correspondants

  • les gestionnaires des structures de diagnostic, d'exploration et de traitement

  • les organismes payeurs, caisses d'assurances et mutuelles

J'avais approché Yves Le COUTOUR, alors Président de la Fédération de l'Hospitalisation privée d'accepter l'idée de réunir dans une sorte de Comité de Liaison
  • les spécialistes utilisateurs des plateaux techniques (essentiellement, les chirurgiens les anesthésistes et leurs collaborateurs)

  • les gestionnaires des installations et des autres catégories de personnel hospitalier.

Ultérieurement, nous devions à la suite de démarches communes, solliciter les organismes financeurs en vue trouver, en commun, des solutions aux innombrables problèmes soulevés par une ébauche de coordination entre tous les trois catégories de partenaires concernés.
Très hésitant, mais en raison de notre solide amitié et des encouragements du secrétaire général de l'Ordre National représenté par le Dr Jean CLOSIER, notre ami commun, Le COUTOUR finit par se laisser convaincre aux conditions suivantes : cette structure devait être informelle, était créée seulement à titre d'essai, et dans un premier temps, limitée aux praticiens seuls, laissant momentanément de côté les questions concernant les personnels hospitaliers.
Après plusieurs mois de rencontres périodiques considérées comme très positives, le Comité de Liaison et d'Action de l'Hospitalisation prit sa forme définitive (CLAHP). Après beaucoup d'efforts, il réussit à élaborer entre les deux partenaires d'origine des modèles de contrats praticiens – cliniques et, plus tard, après de longs efforts, plusieurs séries de recommandations communes qui ont servi d'abord de jalons puis de références aux deux groupes de professionnels solidairement impliqués. Ces recommandations communes ont même parfois inspiré les tutelles elle-mêmes, ministères et caisses d'assurance maladie qui connaissaient peu ou mal le fonctionnement des cliniques privées…
Malheureusement, l'Assurance-maladie, refusant d'entrer dans le CLAHP, préféra toujours négocier séparément et en position dominante avec chacun des deux groupes de partenaires toutes les dispositions conventionnelles que nous souhaitions réunir dans une Convention Tripartite qui, dans notre esprit aurait pu devenir une véritable Charte de l'Hospitalisation privée.
Une situation toujours plus difficile
Les contraintes techniques et surtout économiques ont, au fil des années, lourdement pesé sur chacun des deux "partenaires" :
  • les praticiens et en particulier les jeunes qui s'installent en libéral éprouvent des difficultés à s'adapter aux règles contraignantes de ce nouveau secteur à l'issue de leur formation de spécialiste effectuée en milieu hospitalier public. Ils doivent s'intégrer dans une nouvelle structure perpétuellement en lutte pour sa survie économique.
  • les contraintes imposées aux cliniques par les pouvoirs publics et les caisses n'incitent guère les gestionnaires à accéder aux demandes souvent légitimes de leurs praticiens qui doivent, pour certains, acquérir peu à peu une certaine "culture d'entreprise".
Même si le principe d'une Convention tripartite de l'hospitalisation privée, annoncé au chapitre V, articles 34 et 35 de la Convention séparée de spécialistes du 12 mars 1997, a été repris à l'art. 1.2.4 de la Convention du 12 janvier 2005, il ne s'agit que d'un souhait exprimé par les Caisses et les médecins signataires, mais cette fois sans les représentants des gestionnaires de l'Hospitalisation privée…!
Si le système médico-social persiste dans sa forme actuelle, il faudra bien que les trois partenaires indissociables se décident un jour à solidariser leurs efforts pour la survie de l'instrument de travail commun des deux premiers au bénéfice réel de la qualité des soins dispensés aux assurés par le 3 ème partenaire, au meilleur coût.
Je doute de voir ce souhait se réaliser dans un proche avenir…