Les caractéristiques de l'acte chirurgical et sa rémunération conventionnelle sont à l'origine d'une profonde incompréhension développée dans un climat malsain entre la profession, les tutelles, les medias et l'opinion publique. Elle constitue toujours une menace sérieuse pour l'avenir de la profession elle-même.
La place de la chirurgie sur l'échiquier médical, et d'une façon générale dans la société, n'a jamais été clairement définie. Cette situation floue résulte de l'image qu'elle occupe dans l'inconscient collectif selon des souvenirs personnels ou familiaux, accompagnée d'une admiration flatteuse entretenue par une réputation d'opulence et de facilité. En revanche, malheur à celui dont la réputation qu'une faute professionnelle présumée pourra détruire l'espace d'une édition de journaux.
Englobée dans un système médico-social longtemps représenté par une seule organisation polycatégorielle[1], la chirurgie a été soumise depuis la création du régime de protection sociale en 1945 à une Convention unique de tarifs d'honoraires à l'acte, dessiné dès l'origine autour du cabinet du médecin de famille, sans jamais pouvoir démontrer sa spécificité.
Cette politique inspirée par la CSMF face aux rivalités syndicales est à l'origine du déclin moral et matériel de la chirurgie qui avait confié la défense de ses intérêts catégoriels à des médecins libéraux, souvent généralistes, plus disponibles mais moins motivés et dont certains des représentants auprès des tutelles considéraient que cette spécialité était toujours privilégiée dans l'échelle sociale … 

 

1.
La CSMF comportait bien un Syndicat de chirurgiens présidé successivement par les Drs Maurer, Bergouignon, Boutron et Soulier mais très minoritaire, subissant la loi du nombre des généralistes et des spécialistes médicaux.