Ce chapitre est extrait du n°13 des Cahiers de Chirurgie, daté du 1er premier trimestre 1975, p.59-63. Il a été écrit par le Dr. Arnaud BRUNET dont j'ai déjà parlé à plusieurs reprises. Il a livré voici plus de 30 ans dans ces lignes fidèlement reproduites son opinion sur un sujet "sensible" comme on dit aujourd'hui, en sa double qualité de chirurgien d'exercice libéral et de gestionnaire des deux premières cliniques conventionnées de NEUILLY totalisant cinquante huit lits actifs, pouvant atteindre 70 lits en période de pointe.
Ces réflexions trouvent tout naturellement leur place à la suite du chapitre sur les religieuses dont il peut être considéré comme le prolongement, même si les infirmières d'aujourd'hui sont devenues, du fait des progrès de la médecine, de véritables techniciennes de la santé.
« Il est insupportable de lire de toutes parts, sur le recrutement des infirmières, les opinions bêlantes ou indignées de tout ce qui touche aux professions de santé ou les solutions sociales de tout ce qui n'y touche pas et de constater qu'après 15 ans de réformes, ce secteur d'activité va toujours aussi mal que possible. Les causes de la pénurie d'infirmières les plus fréquemment invoquées par les enquêteurs professionnels sont "évidemment" l'insuffisance des rémunérations, les "atroces" conditions de travail, le caractère "répugnant" de certaines tâches, la durée de la présence, l'intense dépense intellectuelle, la responsabilité écrasante génératrice de dépressions, tous éléments qui ne peuvent que créer une désaffection progressive.
Il est temps de faire justice de ce matraquage permanent qui aboutit à priver les femmes du plus beau métier qui s'offre à elles et les centres hospitaliers de leurs rouages naturels. Le chirurgien que j'ai été pendant 30 ans et qui a dirigé trois maisons de santé et de ce fait recueilli beaucoup de confidences voudrait essayer d'en finir avec cette démagogie torrentielle, examiner la question à la seule lumière de la vérité et trouver à cet angoissant problème des solutions autres que celles qui ont échoué.
Pourquoi n'y a-t-il plus d'infirmières ?
Je crois pouvoir affirmer que ce n'est pas parce qu'elles travaillent trop ni parce qu'elles sont insuffisamment payées car ce sont justement les infirmières du secteur public, où les traitements sont les plus élevés et les horaires les plus courts, qui forment le constant cortège des mécontentes, voire des grévistes, alors que celles du secteur privé, moins bien traitées sur ces plans matériels, n'ont pas eu l'idée d'abandonner leurs malades pour aller manifester dans la rue.
Il n'y a plus d'infirmières parce qu'on a dénaturé le caractère sérieux, j'allais dire sacré de cette profession, supprimant ainsi aux jeunes le désir de s'y engager et aux adultes les raisons d’y demeurer.
Quand on choisit cette profession, comme celle de médecin, cela répond à une manière d'être de l'adolescent, à une tendance à la serviabilité, au besoin de dévouement, à l'amour de ceux qui souffrent, enfin à une certaine idée de la vie en société ou les considérations personnelles occupent peu de place et c'est bien ainsi. Avant la période des "plans", une jeune fille ou une religieuse qui se sentait la vocation de s'insérer dans ce cadre, parvenait toujours à ses buts charitables avec quelques études et beaucoup de bonne volonté. Ils étaient atteints, encore que, pour la religieuse, ce soit plus long, car la hiérarchie lui faisait conquérir dans des tâches plus serviles le droit d'accéder aux soins des malades.
Et la vie s'écoulait ainsi dans l'effort quotidien volontiers consenti et la sérénité souriante d'un métier exaltant.
Mais voici que la "nouvelle société"[1] qui n'a pas fini de nous régaler de ses apports enrichissants s'introduit dans cet univers "croulant" pour le débarrasser, sans doute par aspiration, de ses polluants déchets.
Haro sur la journée complète et le travail de nuit, galères modernes enfin révélées ! Malheur au travailleur isolé qui n'est pas protégé par la cuirasse syndicale, conseillé par le délégué, éclairé par les circulaires ; la journée de service doit se rétrécir comme peau de chagrin, ce qui permettra aux agents hospitaliers (infirmières, casseroliers ou garçons d'ascenseur désormais confondus) de se détendre, de se "retrouver", qui sait même de se recycler et de profiter des multiples options qu'offrent les temps nouveaux pour échapper à toute servitude.
Et le malade dans tout cela, qui parle de lui, qui pense à lui ? Car, pour lui, l'évolution n'a pas marché dans le sens du mieux être : certes, il vit plus âgé, il guérit plus souvent, mais sa souffrance ignore les vacances, et il continue à mourir.
A-t-il jamais eu plus besoin d'une douce attention, d'un regard compatissant, d'un tendre mensonge, d'une présence au moins, ce malheureux dont la chair, prisonnier de l'univers concentrationnaire du verre et du béton, sont torturés par les froides techniques mises en route dans le but de le prolonger implacablement ?
Ainsi, une canule dans la trachée, des tubes dans les veines, une sonde dans la vessie, il s'entend par surcroît asséner le détail intégral de son diagnostic, non plus par son médecin ami, mais par une équipe anonyme qui s'assurera ainsi sa collaboration chère aux anglo-saxons.
Seigneur ! délivrez moi de mes amis !
Désormais, pour qu'après la visite collective et bourdonnante, le patient (quel programme !) puisse retrouver le sourire de celle qui s'est chargée de lui et serre la main qui rend l'étreinte, il faut que cette main et ce sourire aient été valorisés par le bachot ou l'équivalence – qui permet de passer du centicube au millilitre -, il faut encore que cette femme qui offrait son cœur "goulûment" ait été testée au préalable sur "Le bonheur d'après André Gide" et qu'elle possède des éléments de droit social que personne, n'est-ce pas, n'a plus le droit d'ignorer.
Voici que maintenant que sonne l'heure de la "débauche" (qui a voulu ce sinistre jeu de mots ?) et l'infirmière quitte celui dont elle voulait être l'ange gardien, celui dont le regard accompagne ses pas jusqu'à un lendemain qui ne se lèvera peut-être pas. Elle l'abandonne à la deuxième équipe, laissant le cœur serré, une autre recueillir le merci de la guérison ou le dernier souffle parce que la Convention collective ou l'ordinateur l'ont ainsi programmé.
Du roman que tout cela ? Allons donc !
Sous le prétexte d'obtenir "que nul ne meure", s'est-on demandé "pour qui sonne le glas ?"
Il a sonné en fait, le glas de l'infirmière aux blanches cornettes, et aux voiles immaculés : elle s'était préparée à rester des heures, des nuits pour attendre l'apaisement du râle, et on lui a parlé SMIG, indice, catégorisation. Elle allait se donner à plein temps, on la limite à huit heures. Elle offrait son cœur et ses mains et on lui demande un cerveau.
Peu à peu, mais très vite, la profession d'infirmière se dégrade, les écoles ne résistent pas longtemps au glissement général vers le laxisme ; les uniformes stricts parfois sévères font place à des conceptions plus fonctionnelles ; le bonnet accusé de nuire à la mise en plis du coiffeur conseil, vole le premier vers les moulins, la blouse "enfin dédramatisée", passe de la toile au tergal, grimpe du mollet à la cuisse, sous le regard impuissant, sinon complaisant des directrices d'écoles qui ne peuvent tout de même pas élever leurs pupilles comme elles l'ont été elles-mêmes !
La morale professionnelle qui enseignait les devoirs envers les médecins, la société, les malades, va rejoindre le catéchisme dans le nouvel autodafé.
A sa place va s'installer l'énumération jamais complétée des droits de la femme enfin libérée de ses phantasmes oppresseurs par quelques animatrices dynamiques au souffle puissant.
On pousse au syndicat nos jeunes émancipées, jadis trop timides pour l'action de masse : les voilà en tête des défilés, sous les banderoles revendicatrices, mêlées bon gré, mal gré aux professionnels de l'émeute, sentant bien que leur place n'est pas parmi ces étranges travailleurs mais n'osant pas rompre avec leurs "incitations de classe".
Et les meilleures, ne reconnaissant plus les contours de leur rêve, ont fui épouvantées l'univers restructuré où les corps n'ont plus d'âme et où la tenue fastidieuse de la feuille de réanimation à des fins statistiques, vole aux unes, le temps de la prière et à toutes l'exercice de la charité, éléments indispensables de leur apostolat ?
Qui pourrait leur reprocher d'avoir reconverti leurs amertumes dans le cadre plus douillet d'une législation sans contraintes : celle de la médecine du travail. On y retrouve, déshumanisée, une excellente anesthésiste avec quinze ans de métier dans le poste d'infirmière d'une usine de parfums, n'interrompant son tricot que pour distribuer un comprimé d'aspirine ou pour coller un sparadrap. On découvre une dizaine d'infirmières diplômées d'Etat dans le service médical d'une banque d'Etat, six dans le service social d'un bureau de voyages, deux au siège d'une compagnie d'aviation, deux à celui d'une centrale pétrolière, au moins une dans chaque banque. Il n'est pas jusqu'au ministère de l'Education où s'est réfugiée parmi des piles de dossiers, une des meilleures infirmières que j'ai connues.
Toutes y jouent des rôles de secrétaires, classant sans intérêt des fiches, rangeant des blouses, au service des seuls bien-portants mais acceptant tout compte fait ces situations confortables où elles sont assimilées aux employées de bureau et où leurs traitements indexés sur les normes industrielles entrent "en frais" dans les dépenses sans exigence de rentabilité.
D'autres encore découvrent l'insinueuse tentation des services du "travail temporaire", enfants naturels de la pénurie et de la publicité et dont les sirènes leur détaillent les avantages des tâches "sur mesure" qui permettent le week-end prolongé, la neige à loisir ou de "redorer leur teint pâli par les veilles grâce aux raids fulgurants aux plages du soleil".
Pendant que ces agences fantaisistes développent sans mesure leur action dissolvante et inflationniste (une infirmière fournie par elles coûte à l'établissement qui l'emploie de 6 à 7.000 frs par mois), nos hôpitaux et nos cliniques abandonnés par un personnel toujours plus rare et plus mouvant sont contraints de fonctionner en deçà des limites de sécurité : peu à peu on confie le rôle de l'infirmière à l'aide-soignante qui passe à son tour la consigne à la femme de service "qui a l"habitude". Et celle-ci occupe la fonction sans la remplacer en multipliant les risques par l'accumulation des impérities.
Ainsi voit-on tel service de trente lits dirigé pour l'après-midi par une femme de ménage, décorée pour ce jour là du titre d'aide-soignante, pendant que l'unique titulaire valable prend son repos réglementaire.
Ainsi, tel important ensemble ferme-t-il ses portes, tel autre tout neuf ne peut-il ouvrir les siennes, faute d'un personnel encouragé à exercer ailleurs ses légitimes aspirations d'homme ou de femme émancipés. Ainsi encore, le chef d'un service modèle de brûlés annonçait-il son dessein de refuser des malades dont les soins n'étaient plus sécurisés faute de cadres introuvables.
De cet exposé bien incomplet des erreurs commises ou subies, il faut tirer les remèdes que réclame la dramatique situation de nos établissements de soins.
Il s'agit d'importer, non dans dix ou cinq ans, mais dans les prochains mois, par une injection directe, les quelques 30.000 infirmières dans notre système hospitalier au chevet de nos malades sous peine de voir, comme on l'a écrit chez nos voisins, ceux-ci devenir des N.T.B.R. (Not To Be Reanimated, en français "laisser mourir faute de personnel pour s'occuper d'eux").
Sans doute, puisque le laxisme systématique a créé une situation dégradée, faudra-t-il, pour la retourner prendre un certain nombre de mesures qui iront à contre courant, mais s'inscriront dans le cadre du changement que souhaite orienter la puissance publique ; au reste, la récente proclamation officielle des droits du malade que nul n'a contestés, doit pour garder un sens, s'assortir de décisions nécessaires à leur sauvegarde.
Ce vaste programme s'exécutera en surface et rapidement pour le nombre, en profondeur et à plus long terme pour la qualité. Il s'agit d'obtenir autour du malade assez de monde pour qu'il ne se sente pas abandonné et un minimum de personnes qualifiées pour garantir l'efficacité et la compétence des soins.
Des infirmières soignantes motivées
Aussi faudra-t-il constituer un corps d'infirmières soignantes, solides dans leurs compétences et conscientes de leurs responsabilités, d'une valeur morale éprouvée, attachées à leur profession par une vocation profonde. Pour cela, il faudra accueillir dans les écoles d'infirmières, après un très symbolique résumé des connaissances de base au niveau du primaire, toutes les jeunes filles qui en solliciteront l'accès : on cessera donc de dresser devant d'évidentes bonnes volontés, une barrière culturelle qui ne retient que des femmes savantes dont médecins et malades n'ont que faire en tant que telles et qui décourage de réelles valeurs.
Cela suppose que les orienteurs qui ont la tâche, au carrefour des chemins, de guider les enfants dans le choix de leur carrière, renoncent à décrire celle d'infirmière comme pénible et contraignante mais en soulignant au contraire le caractère tout particulier fait de grandeur et de désintéressement, trouvant sa récompense, non plus dans le volume de l'argent gagné, mais dans la satisfaction quotidienne du service rendu.
"A ces jeunes qui se rassemblent dans des manifestations hier inconcevables, tel un vol misérable d'oiseaux égarés, ne percevant d'autre appel que celui de l'abîme dans lequel ils sombrent sans réagir, voilà de quoi remplir le vide angoissant de leur existence et donner un sens à leur désir de vivre, de survivre…."
Pendant la période initiale des études, quatre à cinq mois au plus, il sera possible de mettre en œuvre les moyens de vérifier la qualité de la vocation qui sera, je le répète, testée bien davantage sur l'attachement aux malades que sur l'étendue des connaissances, sur les qualités morales que sur la gymnastique intellectuelle ; pour avoir négligé ce genre de critères, les règles sélectives qui s'appliquent aux études de médecine nous préparent pour demain un type de médecins-robots propres à faire frémir nos mentalités de latins.
On imagine que les instructions données aux directrices d'écoles devront être corrigées dans ce sens nouveau.
Au bout de la période de triage, il restera dans les rangs des élèves infirmières le nombre requis par les chiffres de la demande : encore y aura-t-il lieu de multiplier par deux, parfois par trois l'effectif des postulantes en tenant compte des démissions, des départs escomptés et qui s'élèvent sans doute à 40% en deux ans.
A la fin du rôdage, les élèves qui seraient considérées comme insuffisantes pour accéder à la poursuite du diplôme d'Etat, pourraient dès lors être acceptées comme aides-soignantes. Leur présence dans les centres hospitaliers y compléterait immédiatement l'effectif des infirmières tout en conservant la possibilité, grâce au mécanisme de formation de conquérir le diplôme par une voie parallèle.
La durée des études d'infirmières, vu l'urgence de la conjoncture doit pouvoir être raccourcie et ramenée à deux ans pour ces volontaires du travail intensif et par des stages mieux remplis. N'oublions pas que nous démarrons, en principe, avec des apôtres du dévouement et du service. 
Ainsi, en six mois, de nombreux vides pourraient être comblés, en deux ans, une importante proportion de la demande serait satisfaite.
DES AUXILIAIRES DE SANTE RAPIDEMENT OPERATIONNELLES
A côté des infirmières et autour d'elles, nous avons suggéré que soit poussée la formation de ces auxiliaires capable sans grand délai d'aider les diplômées dans leurs tâches indispensables mais plus banales de nursing ; l'expérience déjà suffisante montre qu'elles s'adaptent sans problème sinon sans effort à ce travail par l'adaptation naturelle de la femme à la réalisation de tout ce qui est maternel.
Si on forme en 4 mois un gardien de la paix, il n'en faut pas davantage pour apprendre à faire un pansement, une injection banale ou à changer un malade à une jeune fille de dix huit ans qui a peut-être déjà reçu à la maison ou à l'école ménagère les rudiments des soins élémentaires.
Et pourquoi pas un SERVICE NATIONAL ?
Enfin, voici une notion nouvelle que nous souffle l'exemple de l'étranger et les récents apports qui s'attachent à la promotion féminine.
Profondément convaincu de la place égale à celle de l'homme que doit occuper la femme dans la société de demain, il nous parait anormal, voire insupportable que la femme n'ait pas réclamé – ce qui ne saurait lui être refusé – l'installation d'un service civique analogue au service militaire ou au service national des garçons.
L'égalité pour elle et les divers animateurs responsables des mouvements de libération serait-elle limitée à une extension indéfinie des droits sans contrepartie des devoirs librement consentis ? Au nom de quoi soutenir que le garçon, débarrassé de ses privilèges surannés, doit dans la course aux diplômes, prendre sur la femme un an de retard pour son insertion dans la vie active ?
Le service national féminin généralisé satisfera les notions de justice et d'équilibre encore mieux que le fait d'épingler quelques exemples spectaculaires mais trop rares de majorat de l'X ou de l'ENA au tableau d'honneur du sexe qui a rompu avec sa faiblesse.
Voila du même coup, diminué d'autant le nombre des chômeuses enrôlées dans les nouvelles phalanges où on trouverait, s'il en était encore besoin, des volontaires pour assurer la surveillance passive des malades, la promenade des handicapés, ou la garde des enfants.
Bien sûr, les femmes enceintes seraient dispensées du service national, dès la grossesse confirmée. Qui sait si notre taux défaillant de natalité ne bénéficierait pas d'un regain de croissance par ce mécanisme imprévu ?
J'ai parlé plus haut des postes sinécures installés par les lois du travail et la prophylaxie sanitaire des collectivités. J'ai déploré le gâchis des valeurs qui s'y consomme. Ces postes ne devraient être occupés d'une façon habituelle que par des secrétaires médicales, actuellement en surnombre sur le marché du travail et parfaitement suffisantes pour les remplir. Ce n'est qu'exceptionnellement qu'ils seraient confiés à des infirmières sous la forme d'emplois réservés pour cause de santé, d'âge ou de quelque handicap, de la même façon qu'on garde aux invalides de guerre ou du travail des fonctions privilégiées dans les administrations ou les entreprises.
Dès lors, il est probable qu'il serait inutile de réclamer des décisions réglementaires à l'encontre des office du travail temporaire, "interim, ambulances, quick services" qui devenus sans objet fermeraient naturellement leurs portes et cesseraient d'apporter dans la profession hospitalière la perturbation qu'on y déplore.
Voilà quelques suggestions sans complaisance mais chargées d'espoir. Certaines sont lourdes à mettre en œuvre, d'autres sont d'application immédiate, mais aménagées par Mme le Ministre de la Santé qui nous a donné récemment, sur un problème difficile, l'image réconfortante d'une haute autorité morale et d'un éclectisme serein, elle nous paraissent de nature à fournir les éléments de solution à un problème douloureux. »
Docteur Arnaud BRUNET
 
Que conclure ?
Ce texte intercalé avec d'autres propositions publiées dans le même numéro des Cahiers de Chirurgie, se plaçait résolument à contre courant de l'opinion générale. Il a soulevé une polémique prolongée et encore vivace puisque le problème de fond persiste et s'est même aggravé au fil du temps.
Chacun, à sa manière, a étudié le phénomène et suggéré des solutions venues d'horizons très différents, ces opinions sont le fruit d'une expérience quotidienne qui ont toutes le mérite d'être sincères et sont supposées réalistes.
Arnaud BRUNET auprès de qui j'ai beaucoup appris et à qui je dois beaucoup, a placé ce sujet au bon niveau, celui de l'efficacité et des réalités quotidiennes, en privilégiant les valeurs morales qu'exige l'approche du malade que nous serons tous un jour.
 
1.
Ce texte a été rédigé vers 1970